Discours de clotûre des REN 2018


Jean-Luc Cazaillon, directeur général des ceméa nous dit en quoi ces rencontres font identité pour un mouvement d’éducation nouvelle comme le nôtre en articulant réflexion, échange, pratique et découverte, en étant en confiance les uns avec les autres, en nous mettant en mouvement à travers nos échanges, en démontrant que l’éducation nouvelle c’est nous. Il nous engage à mettre de côté les statuts pour faire mouvement et entretenir notre capacité notre capacité à rêver.


Je voudrais commencer par excuser Marie Richard, Présidente des Ceméa qui avait prévu d’être présente parmi nous durant cette rencontre et qui a dû annuler sa présence au dernier moment pour raison personnelle, elle vous prie donc de l’excuser de cette absence.

Je voudrais aussi remercier les PEP pour l’accueil qui nous a été réservé ici. Comme vous le signaliez Madame la Présidente, la convention nationale entre les Ceméa et les PEP, pourra se décliner et trouver des impacts en Région, des impacts concrets. L’accueil de cette rencontre ici en a été un. Je vous remercie pour le travail accompli, pour votre disponibilité et votre souplesse dans la mise en œuvre de notre accueil.

Je vais essayer en quatre points de nous dire, de vous dire, en quoi nous pensons que ces rencontres ont été identitaires, qu’elles font identité. C’est un mot qui a fait beaucoup parler dans le stage « Manifeste » mais j’affirme cependant que ces rencontres font identité pour nous, pour les Ceméa, pour un mouvement d’éducation nouvelle comme le nôtre.

Je vais essayer de dire sur quoi je m’appuie pour dire cela :
Le premier point c’est d’affirmer que nous avons continué à articuler réflexion, échange, pratique, découverte et cet ensemble de situations, de vécus : la conférence, le chant d’hier, le radeau qui traverse le port, les échanges dans les groupes de travail, les projets conduits, …permettent de vivre et de partager des types de rencontres différents, d’accepter d’aller à la découverte, à la découverte de l’autre. Encore un mot qui fait beaucoup parler entre nous.
Nous avons fait la preuve de nos capacités à aller à la rencontre d’autres personnes, qu’elles soient des Ceméa de l’hexagone, des Ceméa des Outre-Mer, des Ceméa de Belgique, des Ceméa de Suisse, qu’elles soient aussi d’autres associations. La rencontre avec Framasoft fait partie de ces rencontres-là, qui articulent à la fois un intérêt sur le sens politique, et des compétences complémentaires.

Mais c’est aussi la découverte de milieux, de milieux géographiques, de milieux de vie et cette capacité que nous avons à faire en sorte d’être dans l’entre soi, dans l’entre nous et en même temps de continuer à partager, à éprouver cette nécessité d’être alimenté par d’autres.

Cette articulation, cette capacité à pouvoir à la fois travailler ensemble et accepter d’être bousculé fait partie aussi des caractéristiques d’un grand mouvement comme le nôtre.

C’est le premier point qui, de mon point de vue caractérise de ce qui fait identité pour nous.

Le deuxième point, beaucoup de participants l’ont dit, dans les groupes de référence ou à d’autres moments, c’est cette capacité incroyable que nous avons eu ensemble d’être en confiance, en confiance les uns avec les autres, en confiance pour partager, en confiance pour accepter le regard critique, en confiance pour débattre, en confiance pour se confronter. Ce postulat de la confiance, qui fait partie des mots du futur « Manifeste », est un élément important, nous l’avons construit ensemble. Il y en a qui ont parlé dans un groupe, de climat de sérénité, d’avoir pu, paisiblement, entrer dans le travail. Je pense c’est un élément majeur dans l’Éducation nouvelle.

Cet a priori de confiance et en même temps cette sérénité, nous avons pu les trouver ici pour débattre, partager et nous confronter, affirmer les désaccords et rester dans une dynamique de mouvement. Ce n’est pas la question des statuts qui compte, c’est la question de la pensée, la capacité à argumenter et contre argumenter, et c’est essentiel pour notre mouvement qui, par ailleurs, je n’engage que moi, crève d’un rapport trop fort à la dimension institutionnelle. Il nous faut retrouver la tranquillité, la simplicité de pouvoir débattre ensemble et de nous confronter sans pour autant que cela vienne interférer ou interpeller la question des statuts.

A travers les échanges, nous avons été mis en mouvement. C’est le troisième point que je souhaite développer. Le mouvement c’est la vie, certains auraient dit : on a été bousculés. En Éducation nouvelle, nous savons que l’on ne rentre vraiment en formation que quand on accepte de remettre en cause les certitudes. Et bien sûr, l’action que nous conduisons n’est pas celle de bousculer, de déstabiliser, mais de déstabiliser pour reconstruire. L’enjeu réside dans la reconstruction. Alors, un mouvement c’est quoi ? Et bien c’est ça ! C’est des gens qui se rencontrent, qui débattent et qui se confrontent, qui se déstabilisent l’un l’autre, mais qui sont capables derrière de trouver les voies de la re-stabilisation. Et cette question d’être en mouvement est essentielle pour nous, parce que nous faisons partie des derniers mouvements. Les Ceméa ne sont pas une institution, les Ceméa sont d’abord un mouvement militant, engagé qui accepte de continuer de remettre sans cesse sur le métier son ouvrage, et ça, c’est une dimension forte de ces rencontres. Là particulièrement et plus globalement depuis qu’elles existent. Cette dimension-là, il faut la conserver, l’entretenir. Il nous faut la chérir, parce que c’est ça qui marque la différence entre nous et d’autres plus proches aujourd’hui de la dimension institutionnelle et instituée que de celle d’un mouvement. Confiance et mouvement, c’est ça que j’appelle l’engagement.

On ne peut s’engager que quand on a le sentiment d’apporter, de recevoir et d’apporter dans un climat de confiance, dans une forme de sérénité importante. Alors bien sûr, nous, nous sommes ici engagés les uns et les autres dans les différentes phases de nos travaux, dans les rencontres, nous l’avons dit dans le groupe de travail sur le manifeste : l’engagement n’est pas un engagement uniquement intellectuel. Quand on s’engage, c’est totalement ! Corps et esprit. Vous nous l’avez démontré hier surtout pour quelques-uns qui on dansé le haka.

Le quatrième point, c’est que nous avons démontré et fait preuve d’une force incroyable. Cette force, c’est de penser que l’Éducation nouvelle, c’est Gisèle, c’est Montessori, c’est Claparède, mais c’est aussi Hamdou, c’est Bilou, c’est Anne, c’est Alain, c’est Pascal, l’Éducation nouvelle c’est nous, et il faut je pense, nous en convaincre. Bien sûr il faut toujours puiser dans les références qui sont les nôtres matière à nous nourrir, mais nous sommes aujourd’hui, ceux qui construisons l’Éducation nouvelle. On avait dans notre stage une maxime qui disait : l’éducation nouvelle n’est pas un concept. Bien sûr que non, l’Éducation nouvelle c’est l’action pédagogique, l’action éducative, la pensée pédagogique, la pensée politique et c’est nous aujourd’hui, l’Éducation nouvelle. Alors bien sûr, il faut toujours se référer à … prendre appui sur… mais ce n’est pas la peine de maîtriser pour agir. Nous sommes aujourd’hui, les acteurs et les actrices de l’Éducation nouvelle et c’est ça qui faut que l’on comprenne pour justement permettre à des militants, des militantes, plus jeunes dans l’histoire du mouvement de se dire que ce mouvement là, c’est le nôtre. Nous héritons d’une histoire importante et il nous faut bien sûr l’accepter et en être digne. C’est nous, qui continuons à porter cette histoire, et à construire cette dignité par nos actions du quotidien.

Ces REN ont démontré que nous étions au cœur d’un processus d’évaluation, de transformation et que le mouvement reposait sur nos énergies. Alors pour finir tout cela, il faut accepter de prendre du temps, nous l’avons fait, de se mettre à distance d’un quotidien parfois pesant, nous l’avons fait. De pouvoir aussi accepter que les choses se déroulent tranquillement, nous l’avons fait. Accepter de ne pas être figés dans notre quotidien auquel nous allons nous confronter dès tout à l’heure, prenant, captivant, dominant qui fait que par moment on perd cette capacité à prendre le temps, à prendre de la distance pour construire. C’est la notion de plaisir bien sûr, que je veux évoquer et celle du rêve. Entretenons cette capacité à rêver.

Et je voudrais citer Lénine pour conclure ces REN : « Le désaccord entre le rêve et la réalité n’a rien de nocif, si toutefois l’homme qui rêve croit sérieusement à son rêve, s’il observe attentivement la vie, compare ses observations à ses châteaux en Espagne et, d’une façon générale, travaille consciencieusement à la réalisation de son rêve. Lorsqu’il y a contact entre le rêve et la vie, tout est pour le mieux. »

Jean-Luc CAZAILLON, Directeur général des Ceméa




01/10/2018
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