Profession : éducateur - De rencontres en rencontres -

Jacques Ladsous


Jacques Ladsous, Profession : éducateur, de rencontres en rencontres, Préface de Michel Chauvière, L’Harmattan, « Histoires de vie et formation »2009,134 p.13 Euros


Une vie c’est un parcours. Et sur ce parcours, les rencontres sont nombreuses.
Il y a celles qu’on perçoit, et dont on fait son profit. Il y a celles
à côté desquelles on passe sans s’en apercevoir. Toute rencontre est une
chance, une chance de comprendre quelque chose à la vie, une chance
de comprendre quelque chose de l’autre, sans lequel notre identité
serait imprécise. Ce sont ces choses qui construisent peu à peu, pourvu
qu’on s’en imprègne : une compétence professionnelle. Se former, finalement,
c’est apprendre à voir, apprendre à connaître, apprendre à utiliser,
tout en donnant de soi. C’est dire que la formation n’est jamais achevée,
que la compétence n’est jamais aboutie. Une profession c’est ce chemin
de continuité qui s’inscrit en nous jusqu’à ce que nous ne soyons plus
capables de nous projeter dans l’avenir. Une action de découverte et de
création permanente.
Jacques LADSOUS est entré dans l’éducation à 17 ans, et ne l’a plus
jamais quittée. Professeur de 6e, puis éducateur en centre d’observation,
directeur de communauté d’enfants en Algérie, formateur d’éducateurs,
créateur de centres de formation, éducateur dans la rue, souvent
confronté aux jeunes les plus violents, ceux qui réagissent avant de savoir
agir, il a pu conduire sa vie grâce à tous ceux qu’il a rencontrés, dans le
quotidien, niais aussi dans la lecture, dans Ici connaissance permanente
des autres.
C’est ce qu’il raconte dans ce livre, pour aider ceux qui se croient incompétents,
à trouver leur chemin, ce qui leur permettra de se reconnaître.
Auteur de nombreux essais sur l’éducation et l’action sociale, il livre
aujourd’hui le secret de sa longévité.


Contribution de Jean-François Gomez

Quand quelqu’un comme Jacques Ladsous dont on connaît les multiples engagements dans le secteur de l’éducation spécialisée et du travail social, dont on sait qu’il continue encore à exercer plusieurs tâches importantes avec autant d’opiniâtreté que de talent auprès de plusieurs revues et à la vice-présidence des CEMEA,on ne peut qu’être conduit par une vive curiosité. On peut s’attendre à quelque exceptionnelle révélation sur la période actuelle et ses difficultés, une mise en perspective originale. Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Ce livre n’est ni un livre de méthode, ni de conseils éclairés et ne ressemble à aucune autre. Pourtant on pourrait être surpris, dans cette collection « Histoire de vie et formation » qui se consacre, « à l’aspect tout à la fois diurne et nocturne du trajet anthropologique » de voir si peu la question diurne. Que Ladsous évoque la question de Dieu, la sexualité, l’ensemble de ses propres engagements, on voit l’homme avancer sans l’ombre d’une hésitation, comme si l’histoire était déjà écrite. « Je ne suis pas un modeste »,dit-il, dans un accès de vérité »(p.123)Sans doute veut il signifier que son combat a été de montrer combien ce métier d’éducateur pouvait se vivre mieux dés lors qu’il se fonde sur un engagement et des valeurs laïques et humanistes. En même temps, cet « immodeste » va jusqu’au bout de lui même.
Sur un ton qui nous touche par son authenticité et sa simplicité, tel celui qui à un moment décisif se serait délivré de toutes les défroques techniques et intellectuelles ou n’y croirait plus, ou encore aurait donné au mot théorie son sens grec originel de contemplation, l’auteur résume les valeurs quoi l’ont soutenues tout au long de sa vie. L’auteur nous prend par la main et nous dit d’une voix presque chuchotée, en confidence, ce qu’il retient des expériences de vie qui l’ont constituées. On n’est pas étonné de voir dans son inventaire, à côté de la fidélité, la curiosité, l’amour, l’insoumission, « c’est à dire le refus d’obéissance aveugle, le développement de l’esprit critique qui préfère le débat dialectique à la pensée unique, l’ouverture aux possibles, l’acceptation de l’aventure et du renouveau ».
Il est aussi mêlé à l’histoire de notre pays. Très tôt à 17 ans, les circonstances font qu’il prend contact avec un maquis F.T.P. dans les montagnes, à Lacaune, dans l’Hérault, et se trouve missionné de prendre en charge un groupe d’enfants juifs privés de leurs parents que la plus part d’entre eux ne retrouveront pas. Cette expérience va le mener d’opportunités en opportunités, après la guerre à Palavas Le Flots où il fut sans doute le plus jeune directeur de Camp de vacances qu’on n’ait jamais vu.
A 19 ans, muni de son bac et de sa licence de lettres, il va rencontrer les CEMEA,rencontre exceptionnelle et qui fut pour lui déterminante, puis en Algérie à l’hôpital de Douéra puis de Chréa. « Les C.E.M.E.A. m’avaient fait comprendre qu’il y avait un savoir dans chaque sujet humain et à chaque age de la vie et que le véritable travail d’éducation consistait à en faire prendre conscience et à le développer »(p.73). Attiré sans doute par la philosophie, lecteur d’Emmanuel Mounier et de Jean Paul Sartre, il découvre qu’il est avant tout un homme d’action, et c’est à travers l’action qu’il va rencontrer une série de grands témoins et les faire sortir quelquefois de leur retraite pour profiter à plein de leur expérience. Mêlé à la protohistoire de l’éducation spécialisée, on voit défiler dans son livre Jean Pinaud (créateur de le première école d’éducateurs à Montesson à peu prés en même temps qu’à Toulouse)le fameux juge Chazal, le professeur Heuyer, mais encore Jean Villar, Pierre Boulez, Franz Fanon, Germaine Tillon, Myriam David, Fernand Deligny, Albert Jacquard, Henri Wallon dans une vie exceptionnelle qui a tout attrapé. « J’avais une formation classique et j’avais cottoyé bien des gens que je trouvais intéressants, tant dans leur actions que dans leurs idées ».Ladsous n’évoque pas seulement ces grands témoins. Dans des pages frémissantes d’émotion il évoque aussi Géa, sa compagne et sa personnalité hors du commun en ses derniers instants, son fils adoptif « kidnappé » à l’hôpital de Koléa et sa fin tragique.
« Quel monde laisserons nous à nos enfants ? se demandait Annah Arendt, évoquant la crise actuelle de l’autorité, ne concevant pas que les jeunes et les enfants se coltinent au monde actuel sans mode d’emploi et dans l’indifférence, car l ‘éducation est une éternelle « reprise ».Ni conservatoire, ni libertaire, l’éducation doit mettre celui qui vient dans le monde en présence d’un héritage et lui assurer les conditions d’accueil de cet héritage. Ici, Ladsous répond et explique, sans prendre la pause et sans théorie inutile ce qu’il a tiré d’une longue et belle expérience de vie. C’est surtout à ceux qui arrivent dans ce métier qu’il parle, leur disant qu’il a fait de son mieux.

Jean-François Gomez




13/01/2009
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