||4 novembre 2009
VERS l’ EDUCATION NOUVELLE : - U R G E N C E-
VEN 535 Mobilisation pour le projet d’école Calas-Dupont
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Rémi Bonasio Enseignant du groupe scolaire Calas-Dupont, à Toulouse et militant Ceméa

La rentrée 2006 amarqué le démarrage
d’un nouveau projet d’école pour le
groupe scolaire Calas-Dupont situé à
la frontière d’un quartier populaire et
du centre ville de Toulouse. Cette déclinaison
d’un projet utopique « écollège »
se donnant pour ambition de couvrir
l’ensemble de la scolarité obligatoire
est portée par un groupe d’enseignants,
d’animateurs, de mouvements associatifs,
d’inspecteurs et de conseillers pédagogiques.*
La volonté d’inscrire ce projet
dans l’Education nationale est affirmée
et l’institution le valide et le soutient
notamment en apportant des moyens
supplémentaires.
En un peu moins de trois ans de fonctionnement,
nous pouvons déjà mettre
en avant un certain nombre de réussites
au vu des objectifs que nous nous étions
fixés : la mise en place du projet du
cycle 1 au cycle 3, un arrêt des fuites
des familles du quartier qui nous permet
de retrouver de la mixité sociale au sein
de l’école, une stabilisation de l’équipe
enseignante qui permet de garantir
la mise en oeuvre du projet, une élévation
globale du niveau des élèves,
une baisse constante de la violence...
C’est dans ce contexte que l’Education
nationale a décidé cette année de nous
supprimer une partie de nos moyens
supplémentaires provoquant incompréhension
et colère des personnes
engagées ou soutenant le projet.
La mobilisation, notamment celle très
forte des parents, qui en a découlé a
été l’occasion de fonder un collectif
« Calas-Dupont s’agite » chargé de soutenir
et mieux communiquer un projet
d’école qui, même s’il s’inscrit délibérément
dans l’institution, est en rupture
avec l’idéologie éducative dominante
médiatisée. C’est ainsi qu’une rencontre
avec Philippe Meirieu a été organisée.
Celui-ci, ayant soutenu le projet à distance
depuis sa création, est venu apporter
son appui et son regard sur notre
travail à partir des témoignages que nous
lui avons apportés. Trois axes ont structuré
les échanges.

Une initiative fondée
sur la mixité sociale
dans le service public

(Un enseignant). Le projet a permis de
fortement diminuer la fuite des familles
du quartier vers les écoles jugées plus
prestigieuses du centre. Cette école
perdait de sa mixité sociale et n’était plus
représentative du quartier saint-Michel.
Le fait de se constituer en groupe scolaire
du cycle 1 au cycle 3, d’afficher une
continuité au sein du parcours scolaire
des élèves, de s’appuyer sur une équipe
pédagogique défendant un même projet
semble avoir porté ses fruits.

(Philippe Meirieu). Il faut plus que
jamais affirmer et démontrer que la qualité
est possible au sein du service public
d’éducation. Il ne s’agit pas de raviver les
vieilles querelles entre public et privé
mais de montrer aux familles que les
réponses éducatives qu’elles viennent
chercher dans le privé, elles peuvent les
trouver dans leur école de quartier.
Permettre à cette mixité sociale d’exister
au sein de l’école est un impératif et
c’est plus largement défendre un projet
de société.

La coéducation

Le directeur du CLAE. En arrivant sur
cette école, j’ai vite pris consience de la
volonté des acteurs du projet de s’engager
dans les échanges interprofessionnels et
d’affirmer le rôle éducatif de l’ensemble des
adultes. Cela facilite le travail du directeur
du CLAE qui doit coordonner les actions
de nombreux acteurs en lien étroit avec
les enseignants et les parents. Le travail
engagé depuis presque trois ans visant à
donner des repères aux enfants afin de
favoriser leur autonomie a donc pu être
effectif : il demande en effet l’adhésion
et la cohérence de l’ensemble des adultes
sur les différents temps de l’enfant.
Une maman d’élève présidente d’association.
Depuis le début du projet, les
acteurs tentent de faire fonctionner une
Bibliothèque Centre de Documentation
et d’Informations (BCDI) de manière
coopérative. La difficulté pour rendre
pérenne cette action ainsi que la volonté
affichée au sein du groupe scolaire de
permettre aux parents de prendre une
place importante, leur a fait prendre
conscience de la nécessité du passage à
l’acte. C’est ainsi qu’est née l’association
LLIRE (Lieu des Lettres et des Images pour
Rêver avec les Enfants) chargée notamment
de faire fonctionner cet espace
BCDI en cohérence avec le projet d’école
et dans l’ouverture vers le quartier.
L’adhésion des parents y a été rapide
puisqu’en quelques mois, nous y retrouvons
un tiers d’entre eux. Cette BCDI
devrait répondre au besoin des parents
de se rencontrer. Progressivement, cette
école devient l’école de nos enfants et
non plus l’école où vont nos enfants.

Un enseignant. Ma plus grande satisfaction
est d’avoir permis une communication
effective entre parents et enseignants.
Cette amélioration de la communication
a été favorisée par l’engagement des enseignants,
sur la base d’une charte, à rencontrer
chaque famille au minimum une
fois par an, à être disponible tous les soirs
au moins jusqu’à 17 heures et à organiser
des journées portes ouvertes pour permettre
aux parents de mieux appréhender
le temps de classe. Si ces échanges sont
profitables aux parents de part les explications
que peuvent leurs fournir les enseignants
sur l’organisation de la scolarité et
plus précisément sur le parcours scolaire de
leurs enfants, ils sont aussi de précieux
moments d’échanges pour l’enseignant qui
souhaite améliorer sa pratique. N’ayant
jamais vécu cela au cours de ma carrière,
je ne voudrais pour rien au monde abandonner
cette démarche.

PhilippeMeirieu. Vous nous montrez bien
que la coéducation est un véritable travail
collectif et non pas la juxtaposition des
parents d’un côté, de l’école de l’autre,
et du tissu associatif. Il s’agit entre autre
de pouvoir mettre en place des activités
communes comme cela est fait chez vous
à travers la BCDI. Le lien à tisser entre
l’école et les parents est une nécessité
absolue. La recherche nous le rappelle souvent
 : nombre d’élèves se trouvent en difficulté
de part la rupture trop forte existant
entre l’univers parental et l’univers scolaire
sans que cette relation soit jamais médiatisée.
Il faut donc multiplier les initiatives
permettant de faire du lien. Cela est d’autant
plus important que les politiques
actuelles ont tendance à entretenir et à
jouer sur une rivalité école/familles.

La rigueur pédagogique

Un enseignant présent dans l’école
avant la mise en place du projet.
Je peux
témoigner des changements à l’oeuvre
chez les élèves. Un rapport au savoir tout
d’abord avec des élèves qui ont su, pour
beaucoup, se dégager d’une conception
exclusivement centrée sur le faire de l’activité
scolaire au profit d’un apprentissage
fondé sur plus de discernement.
Le travail que nous avons mené autour
d’outils d’évaluation censés expliciter
les compétences et aiguiller les élèves
dans leur travail, en pointant les réussites
et les manques, a porté ses fruits. Le rapport
au cadre aussi a changé puisque les
actes de violences ont considérablement
diminué en trois ans grâce aux différents
outils de coopération mis en oeuvre avec
les enfants et les adultes – surtout de
part l’exigence portée par les adultes au
niveau relationnel quotidien. La mise en
place des cycles d’apprentissages permet
de structurer ces repères sur la longueur
et d’éviter le « saucissonnage » de la scolarité
en années portant leur lot de fortes
ruptures ne permettant pas aux élèves
d’évoluer sereinement et sûrement.

Philippe Meirieu. La rigueur pédagogique,
l’exigence que vous portez aux
outils, aux démarches, aux élèves, permet
de ne pas confondre, comme certains se
plaisent à le faire, Education nouvelle et
laisser-faire ou « n’importe quoi ». Vous
devez notamment continuer à affirmer,
concernant les apprentissages, que vous
êtes pour les fondamentaux. D’ailleurs
tout le monde est pour les fondamentaux.
Qui pourrait dire que lire, écrire,
compter n’est pas important à l’école ?
Mais vous allez plus loin en sortant d’une
vision trop mécaniste des fondamentaux
au profit d’activités permettant de
développer réflexion et créativité… que
l’on pourrait également appeler « fondamentaux
 ». Si nous sommes pour les
fondamentaux, ce sont ceux de l’humain
et non du robot ! Je tiens également
à soutenir la vision globale que vous portez
sur la pédagogie. En défendant
un projet dans son ensemble, vous évitez
de tomber dans le formalisme qui
souvent aboutit à la juxtaposition d’actions
qui ne profitent pas aux élèves. Je
m’inscris totalement dans votre démarche
d’intégrer le temps d’aide individualisée
dans le temps de classe pour tous car cela
permet d’éviter cette dérive, très inquiétante,
consistant à penser la réussite des
élèves en difficulté en dehors de la classe.
Nous voyons se multiplier actuellement
des « circuits de dérivation » censés faire
réussir les élèves en dehors de l’école.
Vous menez donc un combat qui n’est
pas d’arrière-garde : il est d’avant-garde,
car il porte un projet de société. -



04/11/2009
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