9 novembre 2009
VST n° 103 (DES LIEUX OU VIVRE) - de l’individu au collectif
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Il est beaucoup question du travail en réseau actuellement. Et tant
mieux : cela permet de potentialiser les compétences des institutions,
d’agir de façon coordonnée et complémentaire, parfois de transformer
les pratiques professionnelles. Cela permet même, parfois, de voir
autrement les bénéficiaires de toutes ces attentions et donc de faire
éducation ou soin simplement par ce changement dans le regard
porté.
Mais dans toutes ces réflexions, tous ces témoignages de pratiques
présentées à l’occasion de rencontres professionnelles, de formations,
d’articles de revues, deux étranges absences sont à pointer. Il y a celle
des réseaux des personnes elles-mêmes, qu’on les appelle réseaux de
socialité primaire, réseaux de proximité, aidants naturels… Il y a aussi
celle des usagers considérés non plus comme des individus isolés,
mais comme des acteurs collectifs de ce qui les concerne. Et pourtant,
comment vouloir aider ou soigner l’autre sans s’appuyer pour cela sur
ce qui fait lien pour lui ? Comment aborder individuellement les difficultés
sociales, la maladie, sans faire le lien avec ceux qui sont juste à
côté dans les mêmes dynamiques ?
Voilà une des étrangetés des pratiques françaises de la santé et du
social : l’approche strictement individuelle de la personne. Non pas
qu’il s’agisse de nier l’attention toute particulière due au sujet singulier,
mais comment travailler avec lui sans travailler avec ce qui le fait,
ceux qui le font, et avec ceux qui sont comme lui ?
C’est vrai que l’action individuelle est comme inscrite dans les gènes
de nos fonctions, elles-mêmes déterminées par une conception particulière
de l’aide aux personnes et du service public. Et c’est là que le
bât blesse car cette détermination remonte à loin et est profondément
inscrite : Hippocrate et le lien singulier avec le malade ; l’État garant
du bien-être de tous ses citoyens considérés chacun comme individu
unique ; l’origine charitable et assistancielle du travail social ; la protection
de l’enfance construite dans les années 1950 sur les « cas »…
Le néolibéralisme avec son primat de la responsabilité individuelle
vient alors parfaire l’édifice.
Tout cela a conduit à la loi 2002-2 qui amalgame personne et usager,
qui traite l’usager comme un consommateur, et qui ne connaît de collectifs que les instances représentatives des usagers et de leurs
familles.
Mais si l’individu consommateur est clairement pris en compte, où est
l’individu acteur social avec d’autres ? Où sont les principes et les pratiques
de la santé communautaire, de l’action sociale communautaire
 ? Où est la psychiatrie sociale et communautaire en dehors de
quelques lieux, de quelques équipes qui s’y accrochent ?
Une des solutions trouvée actuellement pour restituer du collectif
dans la psychiatrie publique et sa proche réforme des pratiques de
secteur est le renforcement du rôle des associations d’usagers de la
santé mentale, qui sont en fait des associations regroupant des
familles et des proches, comme cela existe depuis longtemps dans le
secteur médico-social. Pourquoi pas, quand cette légitime prise en
compte ne devient pas hégémonique ? Pourquoi pas quand cela ne
génère pas de rejets étonnants, comme des refus associatifs de
mélanger « nos » bipolaires avec « leurs » psychotiques ! Car la
détermination des pratiques professionnelles ne peut pas être déléguée
à des groupes catégoriels, en fait à des lobbys, sans la contrepartie
d’une analyse plus distanciée car moins charnellement
impliquée, portée par les professionnels, les citoyens avertis et les élus
politiques chargés de formaliser des projets de société.
Devant ce rouleau compresseur multiforme, on pourrait être tentés de
baisser les bras, de ne pas lutter. Et pourtant, des alternatives existent
 : on l’a dit, la santé communautaire, l’action sociale communautaire
vivent de façon dynamique çà et là. Pourquoi pas plus en
psychiatrie ? Pourquoi seulement aux marges du social ? Pourtant, le
principe et les pratiques de l’intervention collective sont enseignés aux
futurs assistants de service social, et la notion de santé publique dans
sa dimension collective est abordée dans les formations des soignants.
Les animateurs professionnels, quant à eux, sont pour beaucoup
d’entre eux formés aux logiques d’action de l’éducation populaire. Ce
sont toutes ces pratiques qui sont à investir, à développer, comme
moyen de lutter concrètement contre les tendances lourdes individualisantes.

Voici un beau projet de rentrée !

FRANÇOIS CHOBEAUX





09/11/2009
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