Toute recherche s’inscrit dans une histoire, dans des rencontres, dans des moments qui
marquent les chercheurs et qui pourtant n’apparaissent que rarement dans l’écriture finale du
rapport. Celui-ci présente le choix inverse et insiste sur ces moments, sur ces petits riens
constitutifs où le chercheur recueille d’abord une parole, puis un discours qui se construit au fil
de l’entretien. L’idée de départ était de produire un verbatim, recueil brut de paroles sur un sujet,
lui aussi un peu rude, le Binge Drinking. Ce terme nous ne l’avions pas choisi, et pourquoi ne pas
l’avouer, nous ne l’aimions pas. Trop connoté, trop médiatique, trop souvent utilisé à contre
emploi, trop instrumentalisé. Trop de tout, mot de trop, qui ne pouvait pas, a priori, nous aider à
comprendre et à décrire une situation qui, elle, existe bel et bien, la rencontre entre jeune et
alcool. C’est comme cela que nous voulions aborder ce sujet délicat, sans a priori dramatique,
sans le banaliser non plus, en donnant la parole aux principaux acteurs de cette vaste scène
qu’offre la perspective de ces deux mots mis côte à côte : alcool et jeune. Qu’avaient-ils à nous
dire sur le sujet, sur ces pratiques ? Connaissaient-ils d’ailleurs le mot même de Binge Drinking
qui défraye les chroniques journalistiques ? Quel sens donnent-ils à ces usages ? Enfin, quels sont
leurs mots et comment parlent-ils de ce moment, où tous réunis « ils font la fête » ?
Ci-joint l’étude complète.