12/12/2011
Editorial du VEN n°544 "Le volontariat, un enjeu de société"


Depuis leur création, les Ceméa considèrent que le volontariat a toute sa place dans les modes d’engagement des jeunes et des moins jeunes à côté d’autres modalités d’engagement comme celle du bénévolat. De ce point de vue, considérant le fait que le cadre du service civique s’appuie sur un engagement volontaire au service de l’intérêt général, nous avons fait le choix de nous engager dans ce dispositif.

L’accueil d’un volontaire en service civique, pensé avant tout comme la rencontre entre un projet relevant de l’intérêt général et un projet personnel d’engagement d’un jeune situe les missions confiées aux jeunes comme complémentaires de l’action des salariés et des bénévoles. Elles doivent permettre aux Ceméa d’expérimenter ou de développer de nouveaux projets au service des bénéficiaires de nos actions, de démultiplier l’impact d’actions existantes en touchant davantage de bénéficiaires ou de renforcer la qualité de ce que nous développons. Le dossier de ce numéro consacré au volontariat illustre cette implication.

La mixité sociale est l’un des objectifs assignés au service civique. Si l’agence du service civique a notamment pour mission de veiller à l’égal accès de tous les citoyens au service civique, il est de notre responsabilité de mouvement d’éducation, parce que cela est dans notre projet politique, de créer les conditions permettant d’assurer la mixité sociale des volontaires accueillis tant en termes de niveaux de formation, de genre, d’âge, de milieu social, d’origines culturelles, que de lieux de vie.

En termes de statut, les volontaires en service civique relèvent d’un statut juridique à part, défini dans le code du Service national. Le code du Travail ne s’applique donc pas aux volontaires en service civique. En particulier, l’article L. 120-7 du code du Service national dispose que le contrat de service civique organise une collaboration exclusive de tout lien de subordination entre le volontaire et l’organisme qui l’accueille, à la différence d’un contrat de travail. Cette absence de lien de subordination, est l’un des éléments-clefs qui fonde la dimension politique de l’engagement volontaire. Trop souvent oubliée dans les expressions d’aujourd’hui liées au Contrat d’engagement éducatif (CEE), cette dimension est pourtant de celles qui identifient le sens politique du volontariat. Cette dimension politique caractérise l’ambition de notre mouvement d’Education nouvelle de servir au renforcement et à la valorisation de son projet associatif par la valeur citoyenne du volontariat, sa portée locale et son intégration dans la dynamique globale de notre projet.

Jean-Luc Cazaillon Directeur général des Ceméa

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