Les barbares, ce sont toujours les autres...

Une forme moyenâgeuse de barbarie est à l’œuvre sous l’appellation Califat islamique au Moyen-Orient, mais aussi avec Boko Haram en Afrique. Elle recrute partout où règne le désespoir des masses.


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L’horreur et l’effroi des décapitations sont diffusés par Internet à un public mondialisé. « Malheur aux mécréants ! » est le mot d’ordre du crime. Il s’agit certes de l’aboutissement de lectures fondamentalistes de références sacrées, construisant une certitude du vrai appuyée sur des textes permettant bien des interprétations. Il s’agit aussi de la revanche jusqu’à l’absurde de la colonisation, des centaines de milliers de civils morts des bombardements des guerres asiatiques américaines, et récemment des tués civils à Gaza par Israël. Elle vient également comme une conjugaison sinistre de toutes les limites et tous les aveuglements des civilisations occidentales dans l’éducation de certains de leurs jeunes, laissés sur le bord du chemin parce que mal nés. Car la barbarie est aussi à l’ordre du jour des démocraties occidentales, laïques ou non, qui portent de moins en moins les idéaux humains de leurs origines révolutionnaires. Nous sommes dans un « new Moyen Âge » car le monde a changé depuis l’époque des massacres qui ont construit la religion catholique : cathares, albigeois, protestants... Sans oublier les exécutions des sorcières de Salem, les pogroms antijuifs conduits par des popes, et tant d’autres hauts faits des religions chrétiennes. On décapitait, brûlait, étripait beaucoup à l’époque au nom du Dieu chrétien. Aujourd’hui, le monde est en guerre larvée ou manifeste par l’imposition d’une économie néo¬libérale qui détruit qui lui résiste, les États-Unis et les ex-régimes communistes propulsant cette évolution vers un capitalisme sauvage, barbare. Aux lectures fondamentalistes d’une religion, il ne semble exister comme réponse que celle de l’argent, de la marchandisation du vivant, bref l’annihilation de l’humanité commune. Le monde géopolitique est également en recomposition rapide, sur des bases dont l’absurdité vaut bien celles qui avaient dirigé les précédents découpages colonialistes et religieux. Quels repères pour qui s’y sent agir ? Mais qu’est-ce que VST vient faire dans ce débat ? VST y est en plein parce que c’est un espace de pensée de l’humanité exigeante de ceux et celles qui se veulent humains envers et contre tout. Envers la bêtise structurelle des intégrismes religieux, ceux d’ailleurs comme ceux d’ici et ceux d’hier comme ceux d’aujourd’hui. Envers toutes les déterminations a priori non discutables, envers les « bonnes pratiques » parfaites, envers les petites normalisations techniques accumulées qui peu à peu poussent à oublier les individus et leurs motivations intimes. À monde complexe, réponses complexes... ou simplistes. Et force est de constater que les réponses simplistes fonctionnent très bien de nos jours. L’actualité politique et économique est un beau et triste exemple d’accumulations et de juxtapositions de réponses posées comme évidentes sans que des débats réels soient construits pour permettre de les comprendre, de les critiquer, et de choisir de façon éclairée. Front contre front, vive les lutteurs et les brutes, celui qui pousse le plus fort a gagné donc il avait évidemment raison. Bienvenue aux bateleurs d’estrades. Comment faire exister un monde, ou au moins des espaces, où puisse se discuter la complexité ? Comment faire abandonner la certitude inébranlable au profit du doute raisonnable ? Il y a un doute constructif, celui qui interroge tout être quand il lui fait se demander pourquoi et au nom de quoi il fait ce qu’il fait, il pense ce qu’il pense. C’est ce doute-là qu’un espace comme VST veut et doit travailler, et qui l’oppose évidemment et en permanence aux évidences révélées, aux plus beaux des discours militants, et aux normalisations organisationnelles qui sont autant de certitudes cachées qui agissent, normes iso ou NF, accréditations, protocoles, bonnes pratiques, autant de nouveaux fondamentalismes, professionnels ceux-là. Et si les actes dits barbares des sectes islamistes n’étaient que la caricature immonde de nos sauvageries en plein développement ?

FRANÇOIS CHOBEAUX
Edito de la revue Vie Sociale et Traitements n° 124

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09/01/2015




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