VST n° 136 "création(s)"
Des catastrophes pas si naturelles que cela
Editorial de François Chobeaux

Depuis le début de l’histoire de la Terre, des rivières et des fleuves débordent,
des pentes de montagne glissent, des raz de marée détruisent des côtes,
des tremblements de terre ébranlent et cassent tout, des cyclones et des
ouragans passent en force. Banal, logique, normal. Empiriquement, les
hommes ont appris à se méfier de ces possibles événements en observant
le terrain, en ne construisant pas et en ne vivant pas n’importe où ni
n’importe comment, en canalisant, en protégeant…


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L’affaire devient moins simplement naturelle avec les effets du réchauffement
climatique, directe conséquence de l’absence de contrôle des politiques
de développement dictées par la recherche de profits. Mais si ce
n’était que cela !
Ce n’est pas le réchauffement climatique qui délivre des permis de
construire dans des zones inondables, ou dans des bas de pentes avalancheuses.
Ni le réchauffement qui valorise la construction défiscalisée
de complexes touristiques en bord de mer, directement sur les plages.
Ce n’est pas plus le réchauffement qui pousse les populations les plus
pauvres à habiter dans les zones les plus risquées, bas quartiers de la
Nouvelle-Orléans ou pentes glissantes tropicales, là où les riches ne vont
pas. Il est également innocent dans le mitage de constructions impossibles
à protéger contre les incendies dans les forêts varoises, innocent
dans le ravage des dunes et le recul du littoral par le piétinement vacancier,
non coupable dans les politiques foncières et d’aménagement qui
jonglent avec la loi de protection du littoral et la loi montagne. Et à Saint-
Martin, était-il responsable des incohérences de gestion d’une île artificiellement
coupée en deux ?
Alors oui, des événements comme les ouragans antillais, comme l’inondation
mortelle d’un lotissement charentais, comme le débordement
tragique d’une rivière du sud à Vaison-la-Romaine dans un lotissement
construit en zone inondable, comme l’inondation de la Nouvelle-Orléans,
sont des catastrophes nationales, qui appellent à la solidarité nationale.
Mais elle a bon dos la solidarité, si son effet est de permettre de continuer
pareillement, de reconstruire pareillement, d’aménager pareillement, de
s’enrichir pareillement !
Et à propos de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Si on arrêtait de faire de
ces îles « paradisiaques » des terrains de jeu postcoloniaux pour riches
et très riches, fonctionnant au détriment du plus grand nombre de leurs
habitants ? Et si ces riches et très riches y payaient vraiment des impôts
pour contribuer au développement de ces territoires ?
Et si les investisseurs défiscalisés, et si les responsables politiques qui ont
voté la loi Pons sur l’outre-mer et qui localement accordent à tour de bras
des dérogations étaient plus particulièrement sollicités pour contribuer
financièrement à assumer les effets de la catastrophe pas si naturelle à
l’existence de laquelle ils ont largement contribué ?
Il y a un autre volet à ces catastrophes, à la catastrophe automnale des
Antilles. La focale est mise sur la restauration de l’ordre, sur les urgences
sanitaires, sur la reconstruction, sur les aides financières. Mais quelles
attentions politiques et médiatiques apportées aux nécessaires actions
à conduire pour toutes les personnes psychiquement atteintes ? Quels
renforcements d’attention envers les enfants envahis par les angoisses
parentales et par leurs propres traumatismes ? Alors que des cellules de
soutien psychologique sont convoquées au moindre fait divers, qu’en
est-il des besoins psy des populations qui ont vu passer l’ouragan ? C’est
secondaire, il y a mieux à faire ? Certes, la psy, l’intime, les angoisses ne
sont pas des urgences vitales. Certes, tout le monde n’a pas besoin de ce
type de soutien. Mais est-ce pour autant négligeable ? Les angoisses de
mort sont ravivées, le dénuement est total, des enfants esseulés sont à la
rue, les adultes leur confient la recherche de nourriture…
Dernière question, politique et sociale. Que va-t-il advenir de la vie
des migrants clandestins touchés par l’ouragan sur ces territoires de la
France ? Que va-t-il advenir de toutes ces personnes déclassées, rejetées
sur le bord du paradis ? La reconstruction, matérielle et psychique, c’est
aussi pour elles ?

François Chobeaux
avec les apports de Dominique Besnard, Anne-Marie Leyreloup,
Carine Maraquin, David Ryboloviecz, Gilles van Aertryck.

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27/11/2017




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