Avant propos du VEN 574
François Simon rédacteur en chef

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Ah, elle est belle la jeunesse, entend-on dire dans les chaumières et sur le zinc. Oui, elle est belle la jeunesse. Elle est belle et responsable, responsable et engagée. Elle est belle, belle et rebelle, elle fait éclat, et étincelle. La rue remue, la rue s’agite, la rue résonne, la rue raisonne. Printemps, saison tissée de désirs, saison neuve, saisons à sauver pour un monde sauf. Un monde qui change, ce nouveau monde à découvrir, à façonner, les jeunes l’embrasent, leur regard faisant oeuvre d’action résolue. Et nous prenons conscience que les rênes c’est elles et eux qui les tiennent, le pouvoir, verbe flou conjugué au demain de l’utopie, c’est la jeunesse qui l’a, l’aura. Il se passe quelque chose de rare, de précieux, quelque chose de lourd mais d’aérien, quelque chose d’infime, de ténu mais d’infiniment fort. Il se passe que l’évolution est bien plus qu’une théorie, elle sera son ère, notre air.

Jeunesse majeure dans la lutte pour le climat, jeunesse qui fait, qui est l’Europe pas de demain mais déjà d’aujourd’hui. Elle anticipe la nuit noire, elle devance l’appel, elle n’a pas besoin d’un service national universel pour se mobiliser. Elle peut manifester sans défiler.

Les stages de formation sont un des vecteurs de bousculades, de bouleversements, de grand-huit, une occasion de prendre sève, de prendre rêve, de faire sens, de comprendre le jeu des enjeux et de saisir le rayon vert de l’instant où tout peut basculer, celui où ça passe ou ça casse et avant que tout ne cesse, d’intercéder en faveur d’une planète qui n’est pas la nôtre, qui ne nous appartient pas, en aucun cas. Notre mouvement qui n’est pas un mouvement de jeunesse mais un mouvement d’éducation peut accompagner cette euphorie jubilatoire, lui permettre de prolonger l’éphémère état de grâce, de le dépasser et de transformer pour tous et toutes le présent aphone en des lendemains qui chantent.

La partition qui s’écrit au gré des dégradations sciemment opérées par l’avidité crasse des animaux humains a des parfums de symphonie du Nouveau Monde et ce sont les jeunesses qui en inventent les notes, et qui en donnent le rythme. La morosité est poreuse et laisse s’immiscer les effluves d’optimisme impulsés et qui s’insinuent subrepticement pour semer le doute.

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Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n’a jamais de fin !
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