Lucien Bonnafé en quelques dates


1912. Né à Figeac le 15 octobre. Son père est médecin, son grand père aliéniste.
1930. Il appartient au groupe « surréaliste » de Toulouse avec son ami Marcenac. Il croise Aragon, Breton, Éluard, Buñuel, etc.
1934. Il est, avec Marcenac, condamné à 2 ans de prison avec sursis pour participation à une manifestation anti-fasciste interdite. Il adhère au Parti Communiste Français dont il restera membre jusqu’à sa mort.
1938. Il croise Antonin Artaud à Ville-Evrard.
1939-1944. Médecin psychiatre. Il succède à Balvet à la direction de l’hôpital de Saint-Alban à partir de 1942.
À ses cotés François Tosquelles, psychiatre et psychanalyste réfugié d’Espagne. L’hôpital de Lozère abrite malades, résistants et intellectuels réfugiés comme le poète Éluard et G. Canguilhem, le philosophe. Une deuxième génération s’y forme avec Chaurand, Jean Oury. Le « groupe du Gévaudan » inventera les éléments de psychothérapie institutionnelle.
1945. Aux côtés du ministre de la Santé A. Croizat, il impulse son « mouvement désaliéniste ». Il soutient, avec L. Le Guilland, Georges Mauco dans la création à Paris-Claude Bernard, du premier centre de consultation pour enfant d’orientation psychanalytique. À l’Évolution Psychiatrique il fréquente Henri Ey comme Eugène Minkovski et aussi Lacan qui ne dédaigne pas sa psychiatrie sociale.
1949. Il signe contre son gré, avec Serge Lébovici et Le Guilland, le manifeste « la psychanalyse, idéologie réactionnaire », manifeste impulsé par Sven Follin et imposé par la direction du PCF alignée sur le pavlovisme soviétique.
1950. Il énonce les « bienfaits de la leçon freudienne » au sein du PCF, malgré le scandale des bien-pensants, anticipant l’ouverture idéologique incarnée par Althusser.
1954. G. Daumezon et Germaine le Guillant fondent la revue Vie Sociale et Traitements destinée à accompagner la formation des infirmiers des hôpitaux psychiatriques dans les stages Ceméa et à soutenir le débat désaliéniste. Bonnafé fera partie des collaborateurs réguliers de VST-Ceméa jusqu’à la fin. Avec Gentis, Daumezon, Le Guillant, il participe aux travaux des Ceméa régulièrement.
1959. Le « groupe de Sèvres » réuni autour de Le Guillant, invente le concept de secteur. On y trouve : Bonnafé, Daumézon, Tosquelles, Diatkine, Torrubia, Oury, Duchêne, Million, Pariente, Lambert, Fernandez-Zoïla, Mignot. La circulaire du 15 mars 1960 consacre le secteur, sans pouvoir l’imposer.
1961. Les Éditions Sociales publient 27 opinions sur la psychothérapie. Le rôle psychothérapique de l’infirmier y est valorisé.
1975. Il ose dénoncer l’usage répressif de la « psychiatrie » d’État soviétique lors de la Fête de L’Humanité.
1977. Il prend sa retraite, honoré par les siens comme par l’Italien Franco Basaglia.
1981. Coopère à l’action de Jack Ralite, ministre de la Santé et publie Psychiatrie populaire au Scarabée-Ceméa.
1990. Il dénonce inlassablement l’idéologie eugéniste et la figure perverse d’Alexis Carrel et publiera en 1996 L’homme cet inconnu avec P. Tort (Éd. Syllepse). Il suit la réforme des lois de 1838, en refusant toute loi spécifique au malade mental.
2000. Il inaugure le Centre Lucien-Bonnafé à l’Hôpital de Corbeil-Essonnes. Un recueil de ses textes paraît en 2002 chez Érès sous le titre La Psychanalyse de la connaissance qui se réfère à Bachelard. Il participe fidèlement aux journées annuelles de Saint-Alban comme aux congrès des Ceméa.
2003. Il meurt le 14 mars, l’année de ses 90 ans.

Serge Vallon
(Sources : VST ; E. Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France, éd. du Seuil ; L’Humanité, 18 mars 2003.)


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