Francisco Ferrer y Guardia

Le fondateur et martyr de l’école Moderne de Barcelone, mixte, laïque, « rationnelle » où l’on élevait les enfants à l’abri des superstitions

Ne craignons pas de dire : Nous voulons des hommes capables d’évoluer sans cesse, capable de détruire, de renouveler sans cesse les milieux et se renouveler eux-mêmes, des hommes dont l’indépendance intellectuelle sera la plus grande force, qui ne seront jamais attachés à rien, toujours prêts à accepter ce qui est mieux, heureux du triomphe des idées nouvelles, aspirant à vivre des vies multiples en une seule vie, a écrit Francisco Ferrer (1859-1909).

Pédagogue et éditeur anarchiste autodidacte, ce fils d’agriculteurs aisés très catholiques devenu anticlérical ne cessa de militer pour une « École Rénovée », la délivrance de l’enfant et la libre pensée.

De l’école Moderne de Barcelone, mixte et laïque qu’il fonda en 1901 était exclue toute compétition, la coopération y était encouragée. Il fonda aussi la Ligue internationale pour l’éducation rationnelle de l’enfance (1908), publia des revues, de nombreux manuels et des ouvrages scientifiques (avec Élisée Reclus) tant en France qu’en Belgique et en Espagne.

Emprisonné plusieurs fois, c’est après avoir été injustement accusé d’être l’organisateur des émeutes de Barcelone (contre la guerre au Maroc) et après avoir subi une parodie de procès qu’il fut condamné à mort.

L’officier désigné d’office pour sa défense avait pourtant déclaré :
« (...) après avoir vu ses écoles fermées, après s’être vu lui-même constamment insulté par les partis de l’intransigeance, Ferrer ne se rend pas, il ne demande pas de trêve. (...) Il pousse et dirige les autres vers le foyer resplendissant de la raison(...) il distribue la science des savants comme l’unique armement pour les rebellions futures de cette humanité. (...) quel inconvénient y a-t-il à reconnaître son innocence, à lui rendre sa liberté, à lever les séquestres qui pèsent sur ses biens ?(...) »
In Cahiers de l’institut d’histoire des pédagogies libertaires. Francisco Ferrer. Ivan Davy éditeur,1984, p. 74

Il fut, à sa demande, fusillé debout (et non à genoux) en proclamant « Vive l’École Moderne ». Il y eut de nombreuses Modern Schools, inspirées par les idées de Ferrer aux États-Unis

Bibliographie :

- Cahiers de l’institut d’histoire des pédagogies libertaires. Francisco Ferrer. Ivan Davy éditeur,1984

- Sol Ferrer, La vie et l’oeuvre de Francisco Ferrer, un martyr au XXe siècle. Librairie Fischbacher, Paris, 239 p., 1962

- Creagh, Ronald, Laboratoires de l’Utopie. Les communautés libertaires aux Etats-Unis. Paris, Payot (Coll. Critique de la politique) 1983, chapitre V.

A voir sur Internet :
http://increvablesanarchistes.org/articles/biographies/Ferrer.htm


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