Communiqué des Ceméa, le 23 septembre 2016
La Prison n’est pas la seule solution !

Le Garde des Sceaux, ministre de la justice a annoncé mardi 20 septembre 2016, un nouveau plan de construction de cellules, afin de favoriser « l’encellulement individuel ». Si le principe de renforcer l’intimité des personnes incarcérées est louable et indispensable, cette réponse unique renforce le principe de la prison comme seule solution.

Pour Les Ceméa, le problème se situe ailleurs et notamment sur le sens que nous voulons donner à notre société et à la place des individus qui la composent. L’humanisation voulue par la création de ces nouvelles places sera très vite rattrapée par l’arrivée de nouvelles personnes !

Pour avancer vers un système carcéral plus respectueux des personnes incarcérées et des personnels, mais aussi pour favoriser une réinsertion des personnes condamnées. Il est nécessaire de construire un processus pérenne et adapté qui favorise l’insertion des personnes, grâce au développement de peines
substitutives. Celles-ci doivent leur permettent de reconstruire un projet d’insertion sociale et professionnelle durable, évitant ainsi plus facilement les récidives.

Cela veut dire :

- redonner des moyens aux SPIP, pour que les éducateur.rice.s puissent faire réellement leur travail d’accompagnement, avec moins de personnes à suivre ;
- renforcer et soutenir les différents projets qui existent déjà sur les territoires et qui favorisent un travail d’accompagnement de fond, via des activités socio-culturelles, des processus de soins, des projets d’insertion par l’activité économique ;
- donner les moyens au système judiciaire de mettre en oeuvre plus rapidement les instructions et éviter alors les incarcérations préventives trop longues ou injustifiées ;
- accompagner et former le personnel pénitencier pour qu’il puisse mener un travail plus approfondi avec les personnes détenues, en renforçant leur présence, afin de créer des liens différents qui ne se résument pas à l’ouverture et la fermeture des portes.

A ces conditions, la prison, qui marque l’échec d’une société se voulant éducative, peut être acceptable car comprise comme un des éléments particuliers de l’accompagnement et de la réhabilitation des personnes.
Penser et construire un processus de prise en charge des personnes condamnées, c’est construire une société plus équilibrée et plus apaisée.

Contact CEMEA :
David Ryboloviecz,
Responsable national secteur Travail Social et Santé Mentale
06.46.49.83.42
david.ryboloviecz[at]cemea.asso.fr


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