Education : lettre ouverte au Président de la République

Les Ceméa se sont associés à cette initiative portée par des associations membres du Collectif CAPE, des syndicats et de la Fcpe, pour rappeler l’enjeu prioritaire de l’éducation.

Monsieur le Président de la République,

Vous avez placé l’Éducation parmi les priorités de votre quinquennat. Elle est effectivement
au cœur d’une société du mieux vivre ensemble, apaisée, généreuse, ne laissant pas une
partie de la population -et des jeunes en particulier- sur le bord du chemin.
Le constat des réussites mais aussi des échecs de notre système scolaire est largement
partagé. Et nous le savons l’Éducation nécessite du temps. Depuis cinq ans, la loi de
Refondation de l’École de la République a cherché à apporter des réponses, mises en œuvre
progressivement. Très récentes, elles n’ont pu encore porter tous leurs fruits.
Les mesures prises vont dans le sens d’une meilleure réussite de tous les élèves, d’une
réduction des inégalités, d’une prise en compte des besoins spécifiques de chacune et
chacun, d’une lutte contre les déterminismes sociaux ou culturels. C’est pourquoi nous,
signataires de cette lettre, professionnels, parents et militants d’une démarche éducative
inclusive, accueillante, bienveillante et exigeante, les avons soutenues, cherchant à les
rendre chaque fois plus pertinentes, plus adaptées, plus efficaces.

Cette transformation de l’École est loin d’être achevée, aussi, nous sommes mobilisés pour
qu’une réelle ambition éducative soit poursuivie et concrétisée durant votre quinquennat.

Une politique ambitieuse pour l’Éducation ne peut se limiter à la seule Ecole qui en est le
pivot. La Culture -sous toutes ses formes, l’éducation populaire, les pratiques sportives sont
autant d’apports complémentaires qui viennent l’enrichir et la renforcer. La dimension
territoriale comme l’action des collectivités locales sont des réalités qu’il faut prendre en
compte. L’action éducative doit s’inscrire dans des projets éducatifs de territoires ambitieux,
partagés, cohérents. Elle doit réaliser la complémentarité entre les différentes démarches
éducatives et faire agir ainsi, ensemble tous les acteurs pour l’émancipation de chaque
jeune. Renforcer la coéducation passe également par un travail mieux articulé et coordonné
avec les parents et les familles. La question des rythmes scolaires et des différents temps
éducatifs doit être abordée dans cette perspective ainsi que dans la prise en compte du
rythme biologique de l’enfant.

Une politique ambitieuse pour l’Éducation doit continuer à lutter contre les inégalités entre
les élèves et permettre à chacun d’acquérir à l’issue de sa scolarité obligatoire le contenu du
socle commun de connaissances et de compétences et de culture. C’est pourquoi, il faut
maintenir la priorité à l’école primaire, renforcer les liaisons entre l’école primaire et le
collège et garantir l’affirmation d’un collège unique qui ne recrée pas en son sein des filières
de pré-orientation. L’action engagée doit également être prolongée activement par la
construction d’une cohérence bac-3/bac+3 offrant des parcours de formation plus souples
en sortant des cloisonnements étanches entre séries, un examen du baccalauréat refondé
conduisant à une réussite pour tous ceux qui le souhaitent dans l’enseignement supérieur.
Celui-ci doit devenir une priorité et être conforté dans son adossement à la recherche. Une
gouvernance démocratique et une politique de présence de l’ESR sur l’ensemble du
territoire doivent enfin être réalisées.

Une politique ambitieuse pour l’Éducation, nécessite de reconnaitre et de valoriser tous les
personnels qui contribuent par leur action pédagogique, administrative, de gestion, de
direction, d’inspection, de vie scolaire, de santé, d’accompagnement social à la mission
éducative dans une approche pluri-professionnelle et complémentaire respectant le champ
de compétence de chacun. Il faut accompagner et soutenir tous ceux qui innovent au
bénéfice des élèves. Plutôt que de nouvelles réformes remettant en cause les réformes
précédentes, ce doit être la priorité de l’action publique, porteuse de changement effectif.
Pour que le système éducatif entre dans une époque de créativité partagée et d’adaptation
continue, le renforcement d’une formation professionnelle tout au long de la vie est très
attendue par les personnels. Celle-ci doit constituer l’un des éléments forts d’une politique
de gestion des ressources humaines prospective, respectueuse des personnels qui nécessite
également d’être repensée dans sa globalité au regard des enjeux pour notre système
éducatif.

Monsieur le Président de la République, nous, acteurs de la Refondation, militants d’une
politique éducative ambitieuse, sommes prêts à poursuivre ce qui a été engagé dans le cadre
de la priorité que vous avez accordée à l’Éducation.

UNSA Education Sgen-CFDT FCPE FEP-CFDT

et les associations membres du CAPE suivantes :
AFEV | ATD Quart Monde | CEMÉA | CRAP | EEDF | E&D | ÉCOLE CHANGER DE CAP | DDEN | FFPU | FOÉVEN | FNEPE | FÉDÉRATION NATIONALE DES
FRANCAS| LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT | OCCE | LES PEP | PLANNING
FAMILIAL


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