Première Biennale internationale de l’Éducation nouvelle
Accès à tous et toutes à une éducation exigeante, émancipatrice et rigoureuse

Lors de la clôture de la 1ère Biennale internationale de l’Éducation nouvelle, le Directeur général des Ceméa, Jean-Luc Cazaillon a souligné, au nom de tous les mouvements organisateurs*, l’honneur qui leur a été fait de se voir attribuer le Prix 2017, de l’association des amis de Jean Zay. Ce prix récompense une personne ou une organisation qui par son activité professionnelle et par la nouveauté de ses idées en matière de pédagogie aura rendu des services à l’éducation, à la culture et à ce qu’il est convenu d’appeler l’Éducation populaire. Philippe Meirieu, grand témoin de cette biennale. a également mis en perspectives 12 axes de réflexion pour l’Éducation nouvelle.

- L’Éducation nouvelle doit travailler inlassablement à la mise en place de formes de coopération qui profitent à tous et construisent du commun.

- L’Éducation nouvelle doit travailler sur le sursis qui permet l’émergence de la pensée, l’entrée dans la réflexivité, le « nourrissage » par la culture.

- L’Éducation nouvelle doit militer sans relâche pour la clarté de la formulation, la fermeté linguistique, la construction de formes de débat respectueux des principes de la « probité ».

- L’Éducation nouvelle doit faire de la remise en chantier, du « travail vrai » sans cesse amélioré, de l’élaboration du « chef d’œuvre » dans « la patience d’ateliers »... de la forme « normale » de l’évaluation, celle qui permet « non pas de devenir meilleur que les autres, mais meilleur que soi-même ».

- L’Éducation nouvelle doit faire de la rencontre avec la résistance de l’objet et du dialogue avec lui une forme de travail essentielle, constitutive de la construction de l’attention et de l’entrée dans « l’œuvre ».

- L’Éducation nouvelle doit inventer de « belles contraintes » qui permettent au sujet de se construire et de s’exhausser au-dessus du « donné ».

- L’Éducation nouvelle doit fonder la différence entre le pouvoir et l’autorité et faire faire l’expérience fondamentale d’une autorité qui s’exerce toujours « en tant que... »

- L’Éducation nouvelle doit travailler sur la construction de cadres structurants, permettre de faire l’expérience d’un collectif où l’on peut construire son identité et être en sécurité sans aliéner sa liberté.

- L’Éducation nouvelle doit faire entendre que les savoirs s’inscrivent dans une genèse et participent du mouvement d’émancipation collective des humains.

- L’Éducation nouvelle doit faire de la solidarité le principe d’un service public refondé.

- L’Éducation nouvelle doit être attentive à ne fermer la porte à aucun apport mais à ne jamais renoncer à les interroger sur le plan axiologique.

- L’Éducation nouvelle doit faire de la question de la mobilisation collective autour des Droits de l’Enfant un enjeu global.

Enfin, la dynamique de cette première biennale, annonce tout naturellement une deuxième Édition en 2019, année du trentenaire de la Convention internationale des droits de l’enfant.

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* Les Biennales internationales de l’Éducation nouvelle sont organisées par les Ceméa, les CRAP/Cahiers pédagogiques, la FESPI, l’ICEM, la FICEMEA et le GFEN


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