VEN 568 - Jouer avec des Marionettes
Ouvrir pour se déployer - Editorial du VEN 568
Anne-Claire Devoge

L’action collective en éducation nouvelle est une force inspirante pour penser notre intervention sociale, éducative, culturelle ; en témoignent nos dernières Rencontres de l’Éducation nouvelle de fin août à Rodilhan et celles à venir des premières biennales internationales de l’Éducation nouvelle en novembre 2017 à Poitiers.

Lire le sommaire et commander le numéro sur publications.cemea-formation.com

En cette rentrée, l’actualité de l’Éducation populaire pose une nouvelle fois une attention, une vigilance collective, tant les enjeux sociétaux révélés ces dernières semaines, vont nous occuper quelques mois. Ceux-ci ont besoin d’être appréhendés singulièrement mais aussi solidairement les uns des autres, donc sans nier la complexité des sujets et des débats à mener. Il y a du sens à les nommer, les identifier pour chaque collectif, chaque association, et chaque entité des Ceméa : la formation des jeunes, la question migratoire, le chômage, la montée des extrémismes, la grande pauvreté, l’accès au soin, aux droits…
Partager cet « en commun », surtout quand il y a atteinte à nos principes démocratiques, de citoyenneté active et de solidarité. Cette dimension identitaire est ici convoquée sciemment, il nous faut la revendiquer.

Prendre le temps de l’éducation, c’est prendre le temps de la compréhension du monde et, avec notre visée militante, celle d’un monde dans lequel chacun peut prendre sa place, situer son action éducative, solidairement avec d’autres, apprendre à apprendre, coopérer.
Ça commence donc par nous-mêmes et dans l’action, très concrètement !

L’action collective devient alors à l’aune de cette rentrée un véritable défi à relever, car la période préfigure des annonces, des changements, des retours en arrière notamment en matière de politique publique d’éducation, de solidarité, d’éducation à la paix. « L’ancien monde se meurt, le nouveau monde tarde à naître… » disait Edwy Plenel à notre congrès de 2015. En dehors de cette maxime, il est question de notre lucidité à appréhender avec d’autres cette situation, à la transformer pour que « les monstres » qui peuvent arriver dans ce clair-obscur soient combattus pied à pied.

L’enjeu de l’Éducation populaire est alors de traduire, d’apprendre, d’enseigner, de rassembler. Notre engagement à la rencontre militante n’est pas un rapport de prosélytisme mais de conviction ; conviction que nous sommes l’un des acteurs de cette transformation du monde : nous pouvons y faire quelque chose ; notre expérience, du dialogue et de la rencontre, de l’Éducation populaire en collectif est, qu’en faisant avec d’autres, nous nous transformons et changeons aussi le contexte. Résister est alors un combat de sens. En s’émancipant des réponses que d’autres veulent faire à notre place, nous construirons d’autres alternatives.

Ouvrons davantage d’espaces collectifs, d’espaces d’échanges et de réflexions pour se déplier plutôt que se replier ; c’est tout l’élan que nous souhaitons donner en cette rentrée, sociale, politique et éducative.

Lire le sommaire et commander le numéro sur publications.cemea-formation.com


© Site officiel des Ceméa (Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active)