VST 137 "Autour du suicide"
Bientôt la fin de l’hiver : réouverture de la chasse aux squats et aux « campements » !
François Chobeaux, Avec les compléments de Nahima Laieb et Anne-Marie Leyreloup

Comme chaque année, la trêve hivernale a suspendu les expulsions, avec pour la première fois une extension de cette protection aux personnes qui vivent dans des campements, dans des squats, grâce à la récente loi Égalité et citoyenneté. Mais le 1er avril, cachez ces campements que je ne saurais voir !


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Personne ne choisit de vivre dans la grande précarité, ni dans l’insalubrité.
Ne parlons pas ici des squats dits artistiques, alternatifs, espaces
particuliers tolérés, souvent conventionnés avec la puissance publique.
Parlons des habitats humains produits par la misère, l’exclusion, le rejet.
Squats de toxicos, squats de jeunes sdf sans solutions publiques correctes
d’accueil, squats et campements de migrants majeurs et mineurs aux
statuts incertains, bidonvilles de Roms parce qu’on ne reconnaît pas leurs
droits de citoyens de l’Europe…

Les squats, les campements sont la réponse par le bas à des solutions qui n’existent pas, pas assez, pas comme il faudrait, par le haut. Les dispositifs d’hébergement d’urgence (les Centres d’hébergement d’urgence – chu) et les dispositifs d’hébergement liés à l’accompagnement en insertion (les chrs) sont saturés. Qui plus est, nombre de chu et de chrs fonctionnent encore aujourd’hui comme des repoussoirs vis-à-vis des jeunes, des personnes accompagnées de chiens, des usagers de produits psychoactifs. Et la porte des chrs se ferme aux demandeurs d’asile en attente d’une improbable régularisation.

En France, il n’y a pas assez de logements à faibles loyers pour loger à bas coût les personnes ayant peu de ressources. Le parc social est centré sur les logements intermédiaires, occupés par les Français médians. Et comme la vie tape fort, et comme la France est un pays de refuge légitime Bientôt la fin de l’hiver : réouverture de la chasse aux squats et aux « campements » !

pour les victimes de ce que deviennent les pays du Sud, c’est la crise des
places, des lits, à tous les étages et pour tous.
Que fait l’État ? Il ne fait pas rien. La Délégation interministérielle à l’accès au logement et à l’hébergement (dihal) prévoit en 2018 un grand plan « Un chez-soi d’abord ». D’abord on héberge, ensuite on parle de projet et de parcours. Mais avec quels logements ? La Direction générale de la cohésion sociale du ministère des Solidarités et de la Santé se préoccupe des « sorties sèches » de foyers à 18 ans, avec la rue comme seule perspective.
Mais quel est le pouvoir de l’État depuis la départementalisation de l’action sociale ? Que deviennent dans les faits la loi dalo (Droit au logement opposable) ? Et la loi Alur ? Comment réorienter à court terme les choix des bailleurs sociaux ?

Pendant ce temps, des citoyens se mobilisent, soutiennent, protègent, accueillent. Mais dans le même temps, des propriétaires vendent à la découpe, des marchands de sommeil font fortune, Airbnb produit l’argent de poche – défiscalisable – de certains, et des habitants plus qu’aisés d’un arrondissement parisien particulièrement luxueux se mobilisent contre l’ouverture d’un centre d’accueil.

Politique de l’accueil, politique du logement, politique de l’insertion, tout est à reprendre. On pourrait dire la même chose des politiques de la jeunesse, au moins de celles qui concernent les 15 % des jeunes pour qui le quotidien et l’avenir sont faits d’échecs et de vide. 15 % des âgés de 16 à 25 ans : environ 1,5 millions. Une broutille !

Alors plutôt que de laisser faire la chasse à ce que l’on ne veut pas voir sans chercher à comprendre d’où cela vient, poursuivons, professionnels et militants bénévoles, l’accompagnement social des squats et des campements. Poursuivons le travail collectif de valorisation des compétences de leurs habitants, et interpellons la nécessaire intervention publique qui doit les rendre humainement supportables (eau potable, toilettes, électricité) ! Et évidemment, vive une politique publique, nationale, diversifiée, de l’hébergement et du logement à la hauteur des besoins !

François Chobeaux,
Avec les compléments de Nahima Laieb et Anne-Marie Leyreloup

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23/04/2018




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