||février 2003
Éditorial
Impopulaire éducation
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Il peut ne pas être inutile dans une société encore injuste et inégalitaire, de contenir la violence, celle de l’autre comme la sienne. Mais, il est d’autres exigences.
Ainsi, aucune société démocratique n’a le choix de se dispenser de penser son projet éducatif dès lors qu’elle fait le choix éminemment politique de se construire juste et libre. Ne pas donner accès aux cultures de tous les temps et du monde, ne pas dissuader de l’ignorance, c’est prendre le risque d’enfanter passivité et servilité, ferments dangereux des démagogies et des dogmatismes sectaires.
Or, face à l’exigence éducative, notre société française, obligée de porter son regard jusqu’à l’Europe, n’est ni prête ni prompte à faire, hier, la paix scolaire, aujourd’hui, les rapprochements pourtant indispensables entre éducation formelle et éducation non formelle.
Les institutions éducatives, les organisations professionnelles, les formations professionnelles se sont construites, certes, les unes après les autres ou côte à côte. Le monde de l’éducation est segmenté. Pour certains même, il ne devrait guère sortir de la sphère intime. Les dernières propositions qui visent à élaborer de véritables contrats éducatifs locaux n’y peuvent encore rien. L’heure ne serait plus celle d’une politique publique prioritaire d’éducation. Incapable de trouver une opinion et un consensus fort pour l’école et l’éducation, on n’aurait plus qu’à gérer ou à profiter des seuls effets de la marchandisation en marche de l’éducation. Chacun accepte alors puis s’habitue, de plus en plus souvent, à accuser, ici, l’école de tous les maux - plus précisément le collège de tous - ou à réduire, là, les loisirs au rang des amusements. Ainsi, chacun accepte et s’habitue, de plus en plus ouvertement, à voir dénigrer ou à dénigrer directement les acteurs professionnels ou volontaires, les parents et enfin, quand on a tout épuisé, les enfants et les jeunes.
Oubliant la critique des institutions elles-mêmes, chacun peut alors plonger dans la culpabilité individuelle. Cela est injuste et inutile. D’autres reprennent et renforcent le chemin de la contestation. C’est nécessaire quand les principes sont bafoués, quand la défense des moyens demeure un juste horizon. C’est indispensable quand la pensée critique fait partout défaut.
Mais une fois l’analyse posée, les luttes engagées, la pensée critique élaborée, il faut que se dessine, encore et toujours, le troisième moment, celui de l’action, capable de construire les propositions souhaitables et possibles.
Donner tout son sens à l’éducation, la réussir à l’échelle humaine, c’est lui offrir du temps, des acteurs multiples et complémentaires, à distance des compétitions inutiles et des concurrences commerciales. L’éducation, comme d’autres services, mérite une véritable appropriation sociale tout au long de la vie repérant les missions de service public, les initiatives et les projets individuels et bien sûr les démarches collectives qui y contribuent.
En ce sens, il est utile de souligner la modernité de la voie ouverte pour la qualification de tous par la validation des acquis de l’expérience dans la loi de modernisation sociale du 17 janvier 2002.
Avec les formations initiales et continues, l’apprentissage, après les propositions concrètes de Bernard Schwartz, toujours attentif à « moderniser sans exclure », avec les bilans de compétences, grâce aux réseaux d’échanges réciproques des savoirs, chaque adulte peut, s’il le souhaite, se poser la difficile question des savoirs acquis dans son expérience salariée, non salariée ou bénévole. C’est intéressant.
Mais ne serait-il pas paradoxal que notre société accepte comme une évidence que l’expérience des adultes au travail comme dans l’engagement bénévole puisse contribuer à la construction de savoirs, de savoir-faire, de connaissances et refuse dans le même temps de regarder l’expérience scolaire comme capable d’en construire elle aussi ?
Ceux et celles qui valident des acquis, celles qui enseignent, les professionnels de l’animation et de l’éducation spécialisée, les parents, tous savent que l’éducation ne se paie pas d’évidences et de recettes. Or, les solutions éducatives sont celles sur lesquelles tout le monde a quelque chose à dire mais où bien peu se comprennent, s’entendent et savent faire. Aussi est-il urgent que l’éducation ne devienne pas impopulaire. L’éducation est une énergie et une pratique renouvelables. C’est pour cela que nous sommes militants de l’éducation qui ne peut être que nouvelle et populaire et ainsi être « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre ».

Jacques Demeulier, directeur général des Ceméa



31/01/2003
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