11 octobre 2017
Dossier
Introduction du dossier "PSYCHIATRIE ET PRÉCARITÉ" de VST n° 101
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Que retiendra l’histoire du mouvement initié dans les années 1990-1995 concernant les questions psychiatrie-précarité ? L’ébranlement suscité par ces interrogations insistantes posées au travail social, aux soins, à la santé publique et à la psychiatrie n’est pas terminé. Ce sont les transformations économiques, sociales, culturelles et subjectives qui ont bousculé les acteurs de terrain confrontés à des formes nouvelles d’expression du malaise à vivre, des troubles psy. La crise actuelle, prévisible, brutale et violente pour les plus démunis d’ici et d’ailleurs, n’arrangera pas les choses.
Bien sûr les maladies psychiatriques, les troubles psychiatriques connus et reconnus ne sont pas déterminés par le social. L’espace psychique - l’appareil psy - est autonome, bien qu’articulé avec le biologique et le social. Et la psychopathologie ne se dilue ni dans la sociogenèse ni dans le dysfonctionnement neuronal. Les nouvelles formes d’expression clinique de la souffrance psychique, leur extension, leur polymorphisme dans toute une population en situation de précarité parfois majeure, en errance, exclue des formes de socialité commune, ont d’abord heurté les acteurs sociaux. D’où leur appel à la psychiatrie publique dérangée dans ses repères. C’est le rapport de 1995 Une souffrance qu’on ne peut plus cacher d’A. Lazarus, H. Strohl, M. Arène, 0. Querouil du groupe de travail « Ville, santé mentale, précarité et exclusion sociale » de la div-dirmi, qui a donné l’alarme. Il a relayé, soutenu le travail de défrichage fait par X. Emmanuelli avec le Samu social à Paris, permis le développement de I’orspere-onsmp à Lyon autour de Jean Furtos et Christian Laval, et aidé à la reconnaissance d’expériences professionnelles, militantes, contemporaines, se déroulant ici et là en France, qui ont constitué le Réseau national souffrance psychique et précarité. Sous le poids des nécessités, des expériences ont été tentées, bricolées, avant de se rencontrer et d’échanger en complicité professionnelle informelle, et maintenant en réseau national, observatoire national, journées d’études et congrès.
Cette préoccupation psychosociale était-elle, est-elle de la « sociatrie », du « santé mentalisme », de la psychiatrie des marges éloignée des autres réalités hospitalières, un luxe d’équipes étoffées dans les grandes villes, le retour de l’antipsychiatrie par la fenêtre ? C’est la qualité de la psychiatrie publique française, son organisation sectorielle, qui a permis d’irriguer ces réflexions. Ont été réinterrogés les modalités d’exercice du travail extra-hospitalier, l’élaboration et ’attente de la demande, la mobilité et la disponibilité, les délais de rendez-vous, le travail sur le consentement et l’observance des soins, l’accompagnement et l’étayage, les entretiens infirmiers et le travail d’équipe... Finalement, c’est ce qui constitue un véritable travail de psychiatrie publique qui était fait, qui est fait encore dans de nombreux secteurs malgré l’inadéquation de moyens insuffisants. C’est l’acuité des questions psy-précarité qui a produit une nouvelle version de la psychiatrie dans la cité, complémentaire des dispositifs existants. Complémentaire, car il ne doit pas exister de discipline spécifique pour les précaires, un savoir particulier, la « précarologie », des métiers spécifiés. L’ambiguïté demeure néanmoins. Le succès, la diffusion, la banalisation de mots recyclés lancés dans le commerce des idées brouillent les enjeux. Qui n’a pas sa souffrance psychique ? Anonyme, vedette people qui s’expose indécemment à la télé, déprimé du moment, à chacun sa clinique psychosociale. Les débats et les joutes théoriques continuent. Il le faut. Tout comme il est nécessaire de continuer de défendre l’idée d’un bien public commun et partageable avec un service public de soins, qui travaille par nécessité avec les acteurs sociaux, donc en partenariat, réseau... Les démarches individuelles comme les commandes sociales poussent à la personnalisation et à l’individuation des réponses au mal-vivre ; la « psycholo-gisation » est à l’œuvre. Les effectifs soignants de nombreux services de l’extra-hospitalier devenant insuffisants, ne risque-t-on pas de glisser vers des cmp pour les pauvres, les exclus... habillés en précaires ?
D’où la nécessité de la réflexion collective, de rencontres. Ce sont ces rencontres à
Lyon, à Paris, à Rouen, à Marseille, à Lille, à Nantes... qui perpétuent et transmettent cette dynamique et ce bonheur des échanges, avec toujours invitation équilibrée aux acteurs du social et de la psy et ouvertures vers le Dehors, l’étranger. Ce dossier en est issu, largement appuyé sur les contenus des rencontres nationales « Psychiatrie et précarité » qui ont eu lieu à Rouen en 2008. Un désir de fraternité ? L’esprit de l’ArbresIe dont le rappel ouvre ce dossier ?

D’ ALAIN GOUIFFÈS

UMAPP Rouen-RRAPP haut-normand
FRANÇOIS CHOBEAUX Réseau national « Jeunes en errance »





22/06/2009
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