28 et 29 avril 2015
Premières rencontres du Volontariat International de Réciprocité

Le 28 et 29 avril, les premières rencontres du Volontariat International de Réciprocité accueillies et organisées par la région Aquitaine, France Volontaires, et l’association Cool’eurs du Monde ont permis un croisement de regards entre les différents acteurs du volontariat de réciprocité. Ces acteurs-associations diverses, collectivités territoriales, volontaires, ou encore l’Agence du Service Civique, le Centre National de promotion du Volontariat au Mali, et l’Agence Nationale de Volontariat du Togo- se sont réunis autour de tables rondes et de temps de travail afin de réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre pour structurer et normaliser le volontariat de réciprocité de façon durable. Les Ceméa Bourgogne étant investis dans ce type de volontariat à travers le projet de coopération décentralisée entre l’Afrique du Sud, le Chili, et la région bourguignonne, plusieurs volontaires effectuant leur mission au sein des Ceméa et des militants ont été invités à cette rencontre afin d’apporter leur expérience et leur approche quant à cette mobilité particulière.


« S’enrichir mutuellement de nos différences, dans une relation équilibrée, dans le cadre d’actions de coopération et de solidarité internationale, ici et là-bas. Telles sont les valeurs de la RÉCIPROCITÉ. »
France Volontaires

La première journée s’est structurée autour de trois tables rondes ; l’une concernant les enjeux et les attentes du volontariat de réciprocité, l’une portant sur les premières pratiques et sur les premiers enseignements à tirer de ces expériences, et la dernière traitant des ambitions à donner au volontariat de réciprocité. La deuxième journée était plus participative grâce à l’organisation de trois ateliers différents
le premier concernant les stratégies de partenariat,
un deuxième atelier sur l’accompagnement des volontaires,
et le troisième sur l’impact de ce volontariat sur le territoire...
...lors desquels tous les participants ont pu exposer leur expérience, leur pratique, et leur vision sur le volontariat de réciprocité.

Cette première journée a accueilli autour de ses tables plusieurs représentants du monde associatif investis dans des projets de volontariat de réciprocité –dont l’association Cool’eurs du Monde, l’association Ardèche Drome Ourosogui Sénégal (ADOS), Jacques Godfrain, président de France Volontaires, Oussama Ben Mansour de l’association tunisienne Mashhed, partenaire des Ceméa Pays de la Loire, et Myriam Fritz-Legendre, ancienne directrice des Ceméa Bourgogne - ainsi que plusieurs représentants d’institutions publiques -tels que Mahamane Baby, ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne de la République du Mali, Omar Agbangba, directeur général de l’Agence Nationale de Volontariat du Togo (ANVT) Bernard Lestrelin, député et membre du Comité stratégique de l’Agence du Service Civique - et également de nombreux volontaires sénégalais et français du projet WECCEE, Sirine Kheder, volontaire tunisienne, et Abdoulaye Kone, volontaire malien.

Au cours de ces rencontres, les intervenants sont revenus tour à tour sur l’importance que représente le volontariat de réciprocité tant il s’inscrit dans une réelle dynamique d’échange, permettant de dépasser les critères classiques d’aide au développement et d’aide humanitaire.

Parmi les enjeux de ce volontariat particulier vient l’engagement citoyen de la jeunesse dans la société civile et l’échange de pratiques à travers les expériences de chacun. L’impact sur le territoire se fait grâce à l’implication des volontaires lors de leur arrivée mais également lors de leur retour dans leur pays. Dans le contexte catastrophique des naufrages que connait depuis plusieurs années déjà la mer Méditerranée, permettre à ces jeunes de vivre une mobilité leur permet également, selon Omar Agbangba, de déconstruire le mythe de l’Europe, et plus particulièrement ici de la France, afin de conter une fois chez eux que « l’herbe n’est pas plus verte ailleurs », pour reprendre les mots de Sarra Bouzgarrou, volontaire tunisienne à l’EJN et au Ceméa Picardie. Chacun a pris le temps de s’attarder sur l’importance majeure de la réciprocité dans le volontariat car cela réaffirme une politique de coopération, de co-construction, et d’échanges de pratiques entre les acteurs de cette mobilité. Oussama Ben Mansour a voulu insister sur la nécessité de renforcer les coopérations décentralisées déjà existantes ainsi que d’en développer de nouvelles car elles jouent un rôle majeur dans le volontariat de réciprocité, notamment concernant le financement. En effet, le directeur de l’ANVT est revenu sur l’importance de l’accès pour tous à la mobilité en choisissant les volontaires non pas sur des critères sociaux et financier mais d’abord et avant tout sur leur volonté de s’engager dans une mission d’intérêt général. Tous ont exprimé l’importance d’une simplification des procédures administratives dans le cadre du volontariat de réciprocité, et la création d’un cadre global d’intervention permettant l’élaboration de projets plus durables a été soulignée par Mahamane Baby. La reconnaissance de l’impact de ces mobilités est également un enjeu du volontariat de réciprocité et cela passe notamment par la sensibilisation auprès d’ONG, d’organisations de la société civile, d’institutions, mais aussi auprès des citoyens pour les convaincre des apports de ces échanges et permettre ainsi leur développement. Une partie de la deuxième table ronde portant sur les pratiques et les premiers enseignements à tirer du volontariat de réciprocité a fait écho à l’atelier concernant l’accompagnement des jeunes auquel nous avons participé avec plusieurs volontaires des Ceméa Picardie et des Ceméa Bourgogne.

De manière générale, plusieurs points à améliorer ont été pointés du doigt et il était important de pouvoir apporter un regard critique face à l’enthousiasme général. Parmi eux, il a souvent été évoqué la lourdeur administrative française, concernant les visas ou la couverture médicale, et le manque d’information des autorités locales sur le statut de volontaire mais également la barrière de la langue dès que les actions de volontariat sortaient de la francophonie. La réciprocité a parfois même été remise en question concernant le décalage des indemnités de volontaires souvent inadaptées au pays d’accueil. De plus, l’importance accordée aux formations au départ dans chacun de ces projets où les volontaires sont préparés à vivre une rencontre interculturelle et à vivre au mieux ces situations d’échanges dénote avec le manque de « formation au retour ». Plusieurs volontaires ont souligné leurs inquiétudes quant à leur retour et le manque de préparation à celui-ci.

En définitive, le volontariat de réciprocité apparaît à la vue de cette rencontre comme quelque chose de nouveau, et cela se traduit par le titre de la rencontre, et l’enthousiasme général de ses participants a failli occulter les nombreux points à améliorer avant d’atteindre une réelle réciprocité. Il est donc important de garder en tête que malgré le chemin déjà accompli, il reste encore un travail collectif à faire entre les nombreux acteurs du monde associatif qui sont en avance sur le sujet et les institutions qui manifestent un intérêt récent pour la réciprocité et ses enjeux. Travailler collectivement permettra aux associations de bénéficier d’une publicité nouvelle et permettra aux institutions de bénéficier de leur expérience et ainsi ne pas avoir à débroussailler un chemin déjà découvert.

Sofiane Farhra, stagiaire master Relations Interculturelles et Coopération Internationale, au sein du pôle Europe et International


06/05/2015
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