Ah bon le monde bouge ?

Le monde bouge… Des événements d’ampleur pour la démocratie de notre planète se multiplient. Ils mettent en jeu des dimensions complexes et croisées, politiques, économiques, sociales, historiques… Les citoyens attendent des médias, informations, décryptages… pour se faire une opinion sur le monde qui les entoure. C’est plutôt raté avec la Tunisie.

Retour sur événements : Mi décembre 2010, les premières manifestations. Pas un mot, pas une info, dans les journaux télévisés français, en dépit du travail de l’AFP et de quelques articles épars dans les journaux, mais qui ne permettaient pas de prendre conscience de l’ampleur du mouvement à venir. Il est vrai qu’à cette période, l’information de l’information c’est la rudesse de l’hiver et ses conséquences dans notre cher pays !
Les premières infos arrivent près de 15 jours plus tard dans les JT… pour montrer les manifestations, la répression massive… en s’appuyant, paradoxe, sur des images prises par les tunisiens eux-mêmes avec leurs smartphone et diffusées sur Internet. Que les citoyens se rassurent, notre Président de la République n’est pas mieux informé, il lui a fallu un dîner avec la nouvelle madame Besson, tunisienne, pour comprendre-enfin !- les réalités de ce pays
Pour Information et Citoyenneté, la Tunisie sera un cas d’école. Au-delà de la couverture des événements, comment permettre de prendre conscience de la réalité de ce pays : pauvreté, chômage très important, absence de liberté, corruption généralisée, presse interdite ? Comment casser les représentations forgées depuis des années (Tunisie, égale pays d’accueil touristique), et dépasser les contradictions perçues (éducation massive et forte classe moyenne) ? Comment comprendre les liens économiques, les enjeux stratégiques avec la communauté internationale dont la France ?
On trouve là les défis d’une information de qualité pour les citoyens. Une information de qualité qui par son travail d’investigation et d’enquête, ses analyses permanentes, met à son agenda, pas seulement au moment des crises, le traitement journalistique de l’international, mais aussi de l’économie, du développement durable et solidaire… S’ils l’avaient vraiment voulu les médias avaient accès à toutes ces informations que l’on feint de découvrir aujourd’hui, par des sources variées : ONG, des intellectuels, des responsables politiques, des citoyens…Alors que faire pour tirer durablement les leçons de la Tunisie hier, de l’Egypte aujourd’hui , de l’Algérie peut être demain ?

Christian Gautellier

Co responsable de l’association "Information et citoyenneté"


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