Un violon dans la nuit
Daeninckx et PEF, Éditions Rue du monde

Après II faut désobéir, Daeninckx et Pef se retrouvent dans un nouvel album, chargé de sens, d’émotion et de mémoire. Ce deuxième volet de la trilogie traite des camps.
Alexandra veut se faire déposer un tatouage de papillon sur l’épaule mais ce geste résonne étrangement dans la tête de sa grand-tante. Il fait écho aux chiffres qu’elle a, elle, gravés sur le bras. Alexandra va réussir à ce que la vieille dame, violoniste dans sa jeunesse, ose enfin poser des mots sur ce qu’elle a vécu à Auschwitz. Celle-ci lui raconte notamment comment son violon, brisé par un garde allemand, est malgré tout demeuré, pendant sa déportation, sa seule chance de survie.
Ainsi qu’un beau lien aussi avec ses codétenus tziganes. Alors que l’humiliation était quotidienne, elle reconstituait concertos et symphonies dans sa tête, les yeux fermés, les poings serrés. La musique lui a permis de tenir mais à son retour, elle a préféré se consacrer au piano, pour la musique, et au silence, pour les mots.
Alexandra réussit à faire sortir les mots, les mots terribles qui racontent le transport dans les wagons à bestiaux, l’arrivée au camp, le tri, les chambres à gaz et l’horreur de la vie concentrationnaire pour ceux que l’on n’éliminait pas immédiatement.
Des mots que les enfants doivent entendre alors que le relais de la mémoire est encore possible ; leurs grands-parents avaient 10 ans, leur âge, en 1942. Un violon dans la nuit va sûrement faire naître d’autres mots à l’école ou dans les familles.

Rue du monde, 5 rue de Port-Royal 78960 Voisins-le-Bretonneux Courriel : ruedumonde wanadoo.fr


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