Les Ceméa ont 80 ans - ven 565
Laurent Michel

Les anniversaires. Quand on est petit, on les guette en comptant les jours.
Ils sont l’occasion d’une célébration, d’être le héros du jour mais aussi
de mesurer le temps qui passe, de s’entendre dire comme on grandit.
On compte les centimètres de plus, les dents en moins et celles qui poussent…

Voir l’article 1937-2017 : Les CEMEA ont 80 ans

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En cette journée particulière, on est au centre des attentions, juste
parfois un peu gêné par les questions qui interrogent l’avenir : que ferastu
quand tu seras grand ? Au fil du temps, les anniversaires aux chiffres
ronds focalisent l’attention : 10, 20, 30, 40… Comme s’il s’agissait de
passer un cap, qu’un tournant se profilait avec la nouvelle dizaine.

Les Ceméa ont 80 ans. Ils seraient nés en 1937. Dans les histoires que
l’on se raconte au coin du feu, on a pris l’habitude de dater cette histoire
plus précisément. Entre le 25 mars et le 2 avril 1937. À l’occasion de
l’organisation d’un premier centre d’entraînement pour la formation
du personnel des colonies de vacances au château de Beaurecueil dans
les Bouches-du-Rhône, à l’initiative d’une militante pédagogique, Gisèle
de Failly. Un geste qui nous inscrit d’emblée au coeur de ce que nous
sommes : un geste concret, en actes, un stage de formation pour
contribuer à faire progresser une initiative sociale – les colonies de
vacances – inscrite dans l’Éducation populaire, celle liée alors au monde
des instituteurs de l’école publique, dans une époque, celle du Front
populaire. Un geste, un stage dont le programme et les perspectives
puisent aux sources de l’Éducation nouvelle. C’est cette inspiration qui
guide Gisèle de Failly ; l’Éducation nouvelle qu’elle a découverte à
l’occasion de voyages et de visites : les écoles nouvelles en Angleterre,
l’école Decroly à Bruxelles, l’Odenwald Schule en Suisse, l’école de Freinet
à Saint-Paul-de-Vence, un cours d’été dirigé par Montessori... Tous
ces noms semblent sortis d’un livre d’or. Alors si l’anniversaire sert aussi,
quand l’âge vient, à se rappeler quelques bons moments, évoquer
les origines, quand il s’agit d’un courant pédagogique avec un tel nom,
on a aussi envie de demander : quid de l’Éducation nouvelle en 2017 ?

Concomitance des événements cette année sera aussi l’occasion d’un rendez-
vous qui à n’en pas douter sera l’occasion de poser la question. À
l’initiative des Ceméa, du CRAP-Cahiers pédagogiques, de la FESPI
(fédération des établissements scolaires publics innovants), de l’ICEMpédagogie
Freinet, de la Ficeméa et du GFEN, du 2 au 5 novembre 2017, à
Poitiers sera organisée la première biennale internationale de l’Éducation
nouvelle (Notre page spéciale sur cemea.asso.fr). Ces associations qui partagent les fondamentaux de l’Éducation
nouvelle nous invitent à faire vivre un espace collectif de réflexion,
de partage d’expériences et d’échanges. Gageons que nous n’avons pas
attendu aussi longtemps pour nous revoir afin de célébrer le passé mais
bien pour évoquer l’avenir. Durant l’année 2017, cette page d’ouverture
de Ven sera l’occasion de marquer l’événement.

Laurent Michel

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