Charte de l’action Européenne Internationale


Les Ceméa, Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active, association
reconnue d’utilité publique, sont un mouvement d’éducation nouvelle
et d’éducation populaire et organisme de formation. Depuis leur origine, ils
mènent des réflexions et des actions avec des partenaires d’autres pays, voisins
ou plus lointains, en vue de projets éducatifs partagés et novateurs. Ce champ
d’intervention éducative se décline dans les actions, en direction de la jeunesse,
de l’éducation tout au long de la vie, du loisir socio-éducatif, du travail
social, de la culture. La dimension européenne (au sens de l’espace politique et
civique) et internationale permet d’enrichir les différentes formes d’intervention.

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Les Ceméa agissent avec
des partenaires institutionnels
et associatifs,
du local à l’international

• Ils sont impliqués dans
deux réseaux internationaux
 : la FICEMÉA
(Fédération Internationale
des Ceméa) et EAICY
(réseau européen de l’éducation
non formelle).

• Ils sont partenaires de
l’Office Franco-Allemand
pour la Jeunesse, des
Agences nationales
« Jeunesse en action »
et « Europe Éducation
Formation France ».

• Ils sont engagés dans des
collectifs, réseaux et
plates-formes : Cnajep,
CPCA, le collectif Alliance,
Solidarité Laïque, Solidar,
Euciss-LLL, Forum Civique
Européen.

• Les Ceméa sont reconnus
ONG européenne par la
Commission européenne,
Direction générale éducation
et culture, Direction
jeunesse dans le cadre
d’une convention triannuelle
2011-2013.

 Les conceptions de l’action européenne et internationale des Ceméa

Les Ceméa sont à la fois un acteur politique et un mouvement d’éducation,
attentif au développement de la personne dans sa globalité. Leur action dans
le domaine international décline donc les valeurs sur lesquelles se fonde le
mouvement, à savoir :
- La promotion de la citoyenneté et de la solidarité aux niveaux personnel et
collectif.
- L’ouverture à l’altérité, l’acceptation de l’autre comme différent.
- La laïcité, c’est-à-dire le combat pour la liberté d’expression de chacun contre
toute forme d’obscurantisme.
- La prise en compte du milieu de vie, élément capital du développement de
la personne.
- L’importance donnée à l’expérience concrète et à l’activité, condition de la
rencontre.

 Le partenariat

Les Ceméa réaffirment la nécessité de s’allier avec d’autres
associations et institutions de différents pays. Construire
un partenariat, c’est défendre des enjeux, travailler
ensemble des problématiques et tendre vers un but commun,
c’est unir ses forces et agir ensemble pour avancer
sur des transformations éducatives et sociales dans l’espace
politique européen et dans le monde. L’approche du
travail en partenariat suppose le respect de certains principes
et de certaines conditions.

- Les principes :
• La reconnaissance et le respect mutuels.
• Le « faire ensemble ».
• L’équité dans la prise en considération des asymétries
entre partenaires.
• La volonté de construire de nouveaux équilibres dans le
partage des responsabilités.

- Les conditions
• Le respect de la temporalité des processus de construction
des partenariats.
• L’existence d’un réel projet, formulé et partagé.
• La clarification des attentes, des visées et des conceptions
de chacun.
• Le dégagement d’espaces de négociation.
• L’institutionnalisation progressive du partenariat au-delà
des personnes qui en sont les acteurs.

 La mobilité

Aujourd’hui, la mobilité traduit la diversification des lieux
et des modes de vie, dans l’espace et dans le temps. Elle
impose une capacité à inventer les nouvelles modalités du
« vivre ensemble » et justifie une prise en compte de la
dimension interculturelle dans les apprentissages sociaux.

De quelle mobilité parlons-nous ?

La mobilité est d’abord un fait matériel : le déplacement
physique. Chacun doit pouvoir y accéder, s’en saisir
comme un outil permettant de construire, par l’expérience
vécue, sa propre capacité à observer et penser le monde
dans sa complexité et sa multiplicité. Au-delà du fait
concret, la mobilité a donc aussi des implications psychiques
et culturelles majeures. Et cela est également vrai
d’une nouvelle mobilité d’apparition plus récente : la
mobilité « virtuelle » ouverte par la communication électronique,
une menace possible mais surtout, un outil et
une chance pour la citoyenneté et la solidarité que nous
voulons promouvoir.

Mobilité, émancipation, autonomie de la personne

Être capable de mobilité, d’ouverture aux autres, aux
autres cultures, accepter de se confronter à la différence, de
chercher à comprendre, de vaincre ses peurs, cela fait partie
de l’intelligence nécessaire pour être acteur à part entière,
pour être citoyen au local, en Europe et dans le monde.
Cela permet de construire à travers l’autre une image de
soi, donc de se construire en tant que personne dans sa
globalité, son identité.

Mobilité et valeurs

En tant que mouvement d’éducation populaire, nous voulons
promouvoir et accompagner une mobilité permettant
de consolider les valeurs de citoyenneté et de solidarité,
répondant à des objectifs éducatifs et culturels de
connaissance de la réalité, favorisant l’ouverture à l’innovation
et aux transformations sociales.

Mobilité et territoire - du local à l’international, de
l’international au local

Le travail d’accompagnement à une mobilité internationale,
nationale et régionale « réfléchie et consciente » peut
être un moyen efficace pour reconstruire du lien au niveau
local. La mobilité, parce qu’elle génère de la rencontre
entre des personnes et des groupes, crée de nouveaux
espaces, des réseaux, des maillages qui déplacent et dépassent
les limites territoriales préalablement définies. Les
découpages parfois arbitraires cèdent la place à des espaces
vivants.

La mobilité comme droit

La mobilité choisie doit être un droit fondamental accessible
à toutes et tous. Les Ceméa agissent donc, avec
d’autres, pour éliminer les facteurs (financiers, juridiques,
géographiques, familiaux, politiques, d’âge, de sexe, de
handicap...) qui entravent cet accès à un droit commun,
avec une attention particulière pour ceux qui sont défavorisés
dans leur accès à la mobilité.

 Pour une citoyenneté européenne active

Mettant au coeur de leurs actions et réflexions la citoyenneté
européenne, les Ceméa souhaitent par les outils qu’ils
conçoivent et les formations qu’ils proposent, centrer spécifiquement
leur travail sur trois enjeux d’aujourd’hui
pour la jeunesse et la société civile en Europe :

Éducation à l’Europe
Il s’agit de continuer à sensibiliser et à impliquer les jeunes
et les acteurs éducatifs et sociaux dans le projet politique
de l’Europe, en favorisant la découverte et les apprentissages
de la diversité européenne : autour des langues
comme vecteurs culturels, de l’histoire, des organisations
politiques, etc. Éduquer « à l’Europe », c’est éduquer à une
Europe dans le monde.

Éducation en Europe
C’est l’intervention dans des combats éducatifs, autour
d’enjeux qui concernent spécifiquement l’éducation et la
jeunesse, tels que : le droit et l’accès à la mobilité pour
tous, la reconnaissance de l’éducation non formelle, la
construction de cadres et de principes communs pour des
acteurs de l’éducation dans différents champs d’intervention.

Éducation européenne
Une éducation européenne vise à prioriser le vivre et le
faire ensemble par la co-conception et le co-encadrement
d’actions. La coopération européenne priorise un vécu
commun et une attention portée aux conditions d’une
réelle rencontre et d’un travail d’équipe.

 Solidarité et citoyenneté internationale

L’action des Ceméa au plan international n’a de sens que
dans la mesure où elle traduit par des pratiques, des
actions, des engagements concrets, la volonté de promouvoir
toutes les formes de solidarité entre les groupes, les
peuples, les pays, les cultures. Cette solidarité ne devient
force de réalité que pour autant qu’elle soit incarnée par
des personnes qui en font l’expérience vivante, chacun
pour soi mais en dialogue avec les autres.
Mais cette expérience de la solidarité doit aussi être réinvestie
dans la construction d’une citoyenneté internationale
dépassant, sans les nier, les frontières et les différences
 : les défis auxquels nous sommes confrontés pour
léguer aux générations futures un monde plus juste, plus
solidaire, un monde tout simplement vivable, nous en
font l’ardente obligation.

 Les conditions éducatives

Les Ceméa défendent l’idée que, pour être réellement
émancipatrice, la mobilité doit être accompagnée. Cet
accompagnement doit se fonder sur des conditions et des
parti-pris éducatifs essentiels, à savoir :

La nécessité d’une préparation
Pour l’équipe et pour le groupe, pour soi-même et pour le
collectif, avec une attention portée aux différents états
d’esprit qui sont une composante de cette préparation.

La prise en compte des transitions
La mobilité est un ensemble de passages, donc de transitions
 : d’un territoire à l’autre, d’une culture à l’autre,
entre le départ et l’arrivée, entre l’ici et l’ailleurs.

L’apprivoisement du milieu
Le décodage de fonctionnements sociaux différents, qui
véhiculent des valeurs, qui influencent les personnes dans
leur relation à l’autre, dans l’intention d’y trouver sa place,
se conjugue à un processus de déconstruction/reconstruction
de représentations.

L’importance donnée aux représentations
Une représentation n’est pas seulement déformation dans
la perception de ce qui advient. Elle peut être aussi à l’origine
d’« irritations » productrices de curiosité pour des
pratiques sociales, pédagogiques, politiques différentes et
pour les lois qui les sous-tendent et par lesquelles elles se
disent. Il s’agit donc bien d’apprendre à nuancer et à complexifier,
à lutter contre les tendances naturelles à la généralisation,
à ordonner pour comprendre, à prendre
conscience de ses propres modèles de pensée.

La place de la langue
Langue et culture sont cofondatrices l’une de l’autre. On
pense avec des mots et les langues sont des révélateurs des
fonctionnements sociaux. La nécessité de prendre en
compte la langue comme support privilégié de contact, de
relation, de communication est une évidence. Dans ses
fonctions multiples, elle est le canal par lequel se transmet
aussi bien l’émotion que le savoir, mais elle est aussi source
de créativité : parler une autre langue c’est aussi penser
autrement, découvrir d’autres mots et d’autres concepts
qui enrichissent notre intelligence du réel.
Pour autant, les jeux avec la langue et autour de la langue
(y compris sous forme « non verbale »), autrement dit l’approche
en termes d’animation linguistique, doit trouver
toute sa place. Ici, l’apprentissage stricto sensu n’est pas
l’objectif : jouer avec la langue de l’autre, en explorer les
sonorités, les étrangetés, les similitudes avec la sienne
propre, c’est reconnaître cet autre et se reconnaître en lui.

L’accompagnement du retour
« S’en retourner », « rentrer », c’est se séparer de quelque
chose et de quelqu’un (de quelques uns), c’est quitter un
territoire appréhendé, idéalisé, parfois rejeté. La fin de
l’expérience n’est pas la fin du projet : la trace, le partage,
l’analyse d’expériences et la mise en perspective en sont
partie intégrante. Tout ceci mérite d’être verbalisé, actualisé,
rendu en quelque sorte « conscient » pour entrer pleinement
dans le parcours de vie.

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Rubrique Europe et International

Lire également le Dossier spécial de Vers l’Éducation Nouvelle sur Calaméo




10/05/2012
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