Charte de l’action Européenne Internationale


Les Ceméa, Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active, association reconnue d’utilité publique, sont un mouvement d’éducation nouvelle et d’éducation populaire et organisme de formation. Depuis leur origine, ils mènent des réflexions et des actions avec des partenaires d’autres pays, voisins ou plus lointains, en vue de projets éducatifs partagés et novateurs. Ce champ d’intervention éducative se décline dans les actions, en direction de la jeunesse, de l’éducation tout au long de la vie, du loisir socio-éducatif, du travail social, de la culture. La dimension européenne (au sens de l’espace politique et civique) et internationale permet d’enrichir les différentes formes d’intervention.

Sommaire Les conceptions de l’action européenne et internationale des Ceméa

Les Ceméa sont à la fois un acteur politique et un mouvement d’éducation, attentif au développement de la personne dans sa globalité. Leur action dans le domaine international décline donc les valeurs sur lesquelles se fonde le mouvement, à savoir :

  • La promotion de la citoyenneté et de la solidarité aux niveaux personnel et collectif.
  • L’ouverture à l’altérité, l’acceptation de l’autre comme différent.
  • La laïcité, c’est-à-dire le combat pour la liberté d’expression de chacun contre toute forme d’obscurantisme.
  • La prise en compte du milieu de vie, élément capital du développement de la personne.
  • L’importance donnée à l’expérience concrète et à l’activité, condition de la rencontre.

Sommaire Le partenariat

Les Ceméa réaffirment la nécessité de s’allier avec d’autres associations et institutions de différents pays. Construire un partenariat, c’est défendre des enjeux, travailler ensemble des problématiques et tendre vers un but commun, c’est unir ses forces et agir ensemble pour avancer sur des transformations éducatives et sociales dans l’espace politique européen et dans le monde. L’approche du travail en partenariat suppose le respect de certains principes et de certaines conditions.

  • Les principes :
    • La reconnaissance et le respect mutuels.
    • Le « faire ensemble ».
    • L’équité dans la prise en considération des asymétries entre partenaires.
    • La volonté de construire de nouveaux équilibres dans le partage des responsabilités.
  • Les conditions • Le respect de la temporalité des processus de construction des partenariats.
    • L’existence d’un réel projet, formulé et partagé.
    • La clarification des attentes, des visées et des conceptions de chacun.
    • Le dégagement d’espaces de négociation.
    • L’institutionnalisation progressive du partenariat au-delà des personnes qui en sont les acteurs.

Sommaire La mobilité

Aujourd’hui, la mobilité traduit la diversification des lieux et des modes de vie, dans l’espace et dans le temps. Elle impose une capacité à inventer les nouvelles modalités du « vivre ensemble » et justifie une prise en compte de la dimension interculturelle dans les apprentissages sociaux.

De quelle mobilité parlons-nous ?

La mobilité est d’abord un fait matériel : le déplacement physique. Chacun doit pouvoir y accéder, s’en saisir comme un outil permettant de construire, par l’expérience vécue, sa propre capacité à observer et penser le monde dans sa complexité et sa multiplicité. Au-delà du fait concret, la mobilité a donc aussi des implications psychiques et culturelles majeures. Et cela est également vrai d’une nouvelle mobilité d’apparition plus récente : la mobilité « virtuelle » ouverte par la communication électronique, une menace possible mais surtout, un outil et une chance pour la citoyenneté et la solidarité que nous voulons promouvoir.

Mobilité, émancipation, autonomie de la personne

Être capable de mobilité, d’ouverture aux autres, aux autres cultures, accepter de se confronter à la différence, de chercher à comprendre, de vaincre ses peurs, cela fait partie de l’intelligence nécessaire pour être acteur à part entière, pour être citoyen au local, en Europe et dans le monde. Cela permet de construire à travers l’autre une image de soi, donc de se construire en tant que personne dans sa globalité, son identité.

Mobilité et valeurs

En tant que mouvement d’éducation populaire, nous voulons promouvoir et accompagner une mobilité permettant de consolider les valeurs de citoyenneté et de solidarité, répondant à des objectifs éducatifs et culturels de connaissance de la réalité, favorisant l’ouverture à l’innovation et aux transformations sociales.

Mobilité et territoire - du local à l’international, de l’international au local

Le travail d’accompagnement à une mobilité internationale, nationale et régionale « réfléchie et consciente » peut être un moyen efficace pour reconstruire du lien au niveau local. La mobilité, parce qu’elle génère de la rencontre entre des personnes et des groupes, crée de nouveaux espaces, des réseaux, des maillages qui déplacent et dépassent les limites territoriales préalablement définies. Les découpages parfois arbitraires cèdent la place à des espaces vivants.

La mobilité comme droit

La mobilité choisie doit être un droit fondamental accessible à toutes et tous. Les Ceméa agissent donc, avec d’autres, pour éliminer les facteurs (financiers, juridiques, géographiques, familiaux, politiques, d’âge, de sexe, de handicap...) qui entravent cet accès à un droit commun, avec une attention particulière pour ceux qui sont défavorisés dans leur accès à la mobilité.

Sommaire Pour une citoyenneté européenne active

Mettant au coeur de leurs actions et réflexions la citoyenneté européenne, les Ceméa souhaitent par les outils qu’ils conçoivent et les formations qu’ils proposent, centrer spécifiquement leur travail sur trois enjeux d’aujourd’hui pour la jeunesse et la société civile en Europe :

Éducation à l’Europe
Il s’agit de continuer à sensibiliser et à impliquer les jeunes et les acteurs éducatifs et sociaux dans le projet politique de l’Europe, en favorisant la découverte et les apprentissages de la diversité européenne : autour des langues comme vecteurs culturels, de l’histoire, des organisations politiques, etc. Éduquer « à l’Europe », c’est éduquer à une Europe dans le monde.

Éducation en Europe
C’est l’intervention dans des combats éducatifs, autour d’enjeux qui concernent spécifiquement l’éducation et la jeunesse, tels que : le droit et l’accès à la mobilité pour tous, la reconnaissance de l’éducation non formelle, la construction de cadres et de principes communs pour des acteurs de l’éducation dans différents champs d’intervention.

Éducation européenne
Une éducation européenne vise à prioriser le vivre et le faire ensemble par la co-conception et le co-encadrement d’actions. La coopération européenne priorise un vécu commun et une attention portée aux conditions d’une réelle rencontre et d’un travail d’équipe.

Sommaire Solidarité et citoyenneté internationale

L’action des Ceméa au plan international n’a de sens que dans la mesure où elle traduit par des pratiques, des actions, des engagements concrets, la volonté de promouvoir toutes les formes de solidarité entre les groupes, les peuples, les pays, les cultures. Cette solidarité ne devient force de réalité que pour autant qu’elle soit incarnée par des personnes qui en font l’expérience vivante, chacun pour soi mais en dialogue avec les autres.
Mais cette expérience de la solidarité doit aussi être réinvestie dans la construction d’une citoyenneté internationale dépassant, sans les nier, les frontières et les différences  : les défis auxquels nous sommes confrontés pour léguer aux générations futures un monde plus juste, plus solidaire, un monde tout simplement vivable, nous en font l’ardente obligation.

Sommaire Les conditions éducatives

Les Ceméa défendent l’idée que, pour être réellement émancipatrice, la mobilité doit être accompagnée. Cet accompagnement doit se fonder sur des conditions et des parti-pris éducatifs essentiels, à savoir :

La nécessité d’une préparation
Pour l’équipe et pour le groupe, pour soi-même et pour le collectif, avec une attention portée aux différents états d’esprit qui sont une composante de cette préparation.

La prise en compte des transitions
La mobilité est un ensemble de passages, donc de transitions  : d’un territoire à l’autre, d’une culture à l’autre, entre le départ et l’arrivée, entre l’ici et l’ailleurs.

L’apprivoisement du milieu
Le décodage de fonctionnements sociaux différents, qui véhiculent des valeurs, qui influencent les personnes dans leur relation à l’autre, dans l’intention d’y trouver sa place, se conjugue à un processus de déconstruction/reconstruction de représentations.

L’importance donnée aux représentations
Une représentation n’est pas seulement déformation dans la perception de ce qui advient. Elle peut être aussi à l’origine d’« irritations » productrices de curiosité pour des pratiques sociales, pédagogiques, politiques différentes et pour les lois qui les sous-tendent et par lesquelles elles se disent. Il s’agit donc bien d’apprendre à nuancer et à complexifier, à lutter contre les tendances naturelles à la généralisation, à ordonner pour comprendre, à prendre conscience de ses propres modèles de pensée.

La place de la langue
Langue et culture sont cofondatrices l’une de l’autre. On pense avec des mots et les langues sont des révélateurs des fonctionnements sociaux. La nécessité de prendre en compte la langue comme support privilégié de contact, de relation, de communication est une évidence. Dans ses fonctions multiples, elle est le canal par lequel se transmet aussi bien l’émotion que le savoir, mais elle est aussi source de créativité : parler une autre langue c’est aussi penser autrement, découvrir d’autres mots et d’autres concepts qui enrichissent notre intelligence du réel.
Pour autant, les jeux avec la langue et autour de la langue (y compris sous forme « non verbale »), autrement dit l’approche en termes d’animation linguistique, doit trouver toute sa place. Ici, l’apprentissage stricto sensu n’est pas l’objectif : jouer avec la langue de l’autre, en explorer les sonorités, les étrangetés, les similitudes avec la sienne propre, c’est reconnaître cet autre et se reconnaître en lui.

L’accompagnement du retour
« S’en retourner », « rentrer », c’est se séparer de quelque chose et de quelqu’un (de quelques uns), c’est quitter un territoire appréhendé, idéalisé, parfois rejeté. La fin de l’expérience n’est pas la fin du projet : la trace, le partage, l’analyse d’expériences et la mise en perspective en sont partie intégrante. Tout ceci mérite d’être verbalisé, actualisé, rendu en quelque sorte « conscient » pour entrer pleinement dans le parcours de vie.

Version PDF de la Charte

Rubrique Europe et International




10/05/2012
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