Article paru dans le quotidien l’ ECHO du 07 novembre 2013
Réforme des rythmes scolaires : « II faut écouter ceux qui font la classe ! »


Enseignants, directeurs d’écoles ou parents étaient mardi soir à
la salle Jean-Pierre-Timbaud à Limoges pour une réunion sur la
réforme des rythmes scolaires. Révoltés quant à leur futur et
celui de l’éducation, ils souhaitent être entendus... et soutenus.


4 l’initiative du
ZA SNUipp-FSU, enviÀ.
Aj-on quarante personnes
étaient réunies mardi
soir à la salle Jean-Pierre-
Timbaud à Limoges. Révoltés,
énervés, fatigues, les parents,
enseignants ou mêmes
directeurs présents voulaient
une chose : être écouté pour
que la réforme des rythmes
scolaires soit révisée. « On
veut une réécriture du décret
et une autre réforme. Mais
pas question de revenir
quatre ans en arrière
 » insiste
Fabrice Prémaud, co-secrétaire
départemental du
SNUipp-FSU.

Face à la récupération politique
qui s’opère actuellement
pour contester la réforme
des rythmes scolaires, le
syndicaliste veut être clair :
les réformes Darcos comme
Peillon ne sont en aucun cas
les réponses aux besoins des
enfants, parents et enseignants.
« Il fallait passer une
réforme mais il fallait aussi
prendre le temps de réfléchir.
Là, ce n’est pas le cas
 »
souffle une directrice d’école.

L’insertion d’une demi-journée
de plus ou d’activités périscolaires
n’est pas une réponse
 : « ajouter un mercredi
matin ou un samedi matin
supplémentaire ne peut pas
résoudre les problèmes d’apprentissage
des enfants, ni les
échecs scolaires
 » selon Liliane
Raynaud, co-secrétaire
départementale du syndicat.
La mise en place d’activités
périscolaires est aussi dans
l’oeil du cyclone. « On perd un temps fou pour des
choses qui ne servent ni aux
élèves ni aux enseignants
 »
dénonce un enseignant avant
d’être suivi par Fabrice Prémaud
 : « on ouvre les portes
aux dérives. Les maternelles
vont être confrontées à des
temps qui vont ronronner. A
l’école, il y aura des moments
où il y aura école et des moments
où il n’y aura pas école.
Il y aura des problèmes de
statuts des personnels, des
lieux. Ce mélange des genres
est délétère. Les élèves de 3
ans ne comprennent pas
comme ceux de 10 ans. Il faut considérer les élèves selon
leur âge. » Liliane Raynaud
soutient cet avis : « au
delà de la forte inégalité territoriale
que cela va engendrer,
il y aura une dégradation
pour les enfants. Ils vont être
perdus et leur semaine sera
alourdie.
 »
Si certains ont tourné le dos à
cette réforme en refusant de
prendre en charge les activités
périscolaires normalement
dues aux éducateurs,
d’autres, pour le bien de chacun,
les mettent en place
comme ils peuvent, ce qui
constitue au final un calvaire
pour tous : « on devait commencer
les activités périscolaires
cette semaine mais il
n’y avait pas d’animateurs.
On a dû le faire nous-mêmes. Et puis, ça a entraîné
des changements pour les
ATSEM et pour les parents
qui n’ont pas toujours compris
le système. On essaie de
jongler, d’organiser tout cela
mais ce n’est pas notre
métier !
 » explique une enseignante. « On a passé une
première période à bout
 » s’émeut même une directrice.
Le CEMEA (Centres d’Entraînement
aux Méthodes
d’Education Active) en Limousin
a proposé récemment
aux communes de former
des animateurs pour la
pratique de ces activités péri-scolaires. Seules trois réponses
dont une négative ont
été rendues. « Les communes
ne veulent pas former des
animateurs. Ils disent que ça
leur coûte trop cher
 » précise
le président de l’association,
enseignant dans le secondaire.

Cette réforme témoigne bien
de la considération qui est
accordée aux enseignants,
pour le président des CEMEA
 : « les responsables
écrivent quelque chose qui
pourrait tenir la route mais
ils le conduisent de manière
catastrophique. Ils ne veulent
pas mettre les moyens.
 » Alors ils font porter le chapeau
des échecs successifs sur
les enseignants, à bout : « nous essayons de mettre en place ce qu’ils nous demandent.
Mais parfois ça ne
marche pas. Alors, on nous
fait passer pour des guignols
qui foutent rien. Ce n’est pas
juste
 » s’énerve une enseignante.
Une autre poursuit : « La hiérarchie ne veut pas
aider l’école. On nous abandonne,
on nous oppose avec
les parents et on essaie de
nous faire culpabiliser
. » Voire
plus pour certains : « j’ai
reçu un contrat me demandant
de signer la mise en place
de la réforme. J’ai refusé.
L’inspecteur a envoyé un
mail pour mettre la pression

 » s’indigne une directrice.
Une intervenante, elle,
s’interroge : « on nous infantilise
de plus en plus et on
nous prend pour des pions.
Ils veulent des petits soldats
ou des personnes qui réfléchissent
 ?
 »

Ce mépris désormais réciproque
et ce fossé qui ne cesse
de se creuser, s’expliquent
en grande partie par le
manque d’écoute des hauts
responsables selon une professeur
des écoles : « il faut
écouter ceux qui font la classe
 ! Depuis Jospin, on ne cesse
de perdre. Il faut de l’ambition,
des moyens car les
problèmes dépassent les
rythmes scolaires avec les effectifs
des classes en augmentation
ou les réseaux d’aide.
Il faut s’inspirer des modèles
qui fonctionnent pour trouver
des solutions.
 »
Pour le moment, les enseignants
ne peuvent envisager
que la contestation. Une dizaine
d’actions différentes seront
menées. Avant peut-être
des voies plus radicales. Un
enseignant ironise : « la solution
n’est-elle pas d’arborer
des bonnets rouges ? Eux au
moins, ils sont écoutés..
. ».



2013-11-07 1841@L_ECHO
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