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  • Laurent Michel
  • Le Bafa nouveau est arrivé

    Petit cru ou grand cru, cette nouvelle mouture du Bafa ?
    Sans doute seuls les spécialistes seront-ils capables de déceler
    des évolutions assez transparentes pour les stagiaires.
    De nature essentiellement technique, la rénovation réglementaire maintient la philosophie
    d’animation volontaire du brevet malgré des usages détournés.

    Au 1er octobre 2015, le Brevet d’aptitude aux fonctions
    d’animateur (Bafa) est régi par une réglementation
    renouvelée. Pas d’inquiétude à avoir si vous êtes en
    cours de formation car le législateur a prévu la continuité
    de la réglementation qui était en vigueur lors de
    votre entrée en formation. Et puis, que vous soyez déjà
    diplômé ou en cours de formation, que vous participiez
    à la formation des animateurs en accueillant des stagiaires
    ou en participant à l’encadrement des stages
    théoriques, il faut le dire d’emblée, cette nouvelle mouture
    de la réglementation ne va pas « révolutionner »
    les formations de l’animation volontaire. Et c’est peut-être
    d’ailleurs le principal grief que l’on peut lui faire !


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     UN STAGE PRATIQUE MOINS MORCELÉ

    Les textes de 2015 – un décret et un arrêté du 15 juillet
    – provoquent peu de changements dans le cursus,
    les contenus et les modalités de la formation Bafa. Pour l’essentiel, ces textes ont été rédigés
    sous le sceau de la continuité de la réglementation
    de 2007. Néanmoins, deux modifications sont à souligner.
    Tout d’abord, du côté du stage pratique auquel
    le législateur a apporté un certain nombre de précisions.
    Si la durée minimale (14 jours) et les lieux de déroulement (séjour de vacances, accueil de scoutisme ou
    accueil de loisirs) du stage pratique restent inchangés,
    le législateur précise nettement qu’il se déroule en
    deux parties au plus, par exemple : un séjour de
    vacances d’une semaine en février et deux semaines
    de centre de loisirs en avril. Il ajoute que si l’une de
    ces parties se déroule dans un accueil de loisirs périscolaire,
    celle-ci se limite à six jours effectifs. À cette
    occasion, il nous faut redire l’importance d’une durée
    suffisante pour que le stage pratique permette
    une mise en œuvre effective des fonctions d’animation
    et de la nécessité d’un réel accompagnement par
    l’équipe. Sans doute d’ailleurs, si l’on ne peut consacrer
    que 14 jours à son stage pratique, faut-il
    les concentrer sur un seul accueil, autour d’un même
    projet et d’une même équipe.

     INFLATION DES OBJECTIFS DE FORMATION

    Dans cette nouvelle mouture, on pourra s’arrêter également
    sur la formulation des objectifs assignés à
    la formation Bafa (cf. encadré ci-dessous). Ils ne changent
    pas ; ils enflent. Au fil du temps et des événements,
    les objectifs deviennent plus nombreux et plus spécifiques spécifiques.
    En réaction à telle ou telle actualité,
    le législateur fait des ajouts – sans que l’on
    sache d’ailleurs toujours trop à qui il s’adresse.
    On sent poindre la tentation du catalogue,
    pour ne pas dire du programme officiel.
    La force et l’originalité de cette formation au
    Bafa, est qu’elle est d’abord une formation
    concrète, en prise avec le milieu et la réalité,
    encadrée par des praticiens tant sur le terrain
    du stage pratique que lors des sessions théoriques.
    Des apports variés sont faits mais, initiés
    et nourris par les situations envisagées, rencontrées
    ou vécues par les stagiaires et les encadrants.
    C’est à partir de l’ici et maintenant que
    s’envisagent des espaces plus vastes, les problèmes
    de société, les perspectives politiques.

      UN USAGE DÉTOURNÉ DU BAFA

    De nature essentiellement technique, cette
    rénovation a maintenu, dans une formulation
    inchangée, la philosophie générale du Bafa et
    du Bafd : « [Ils] sont destinés à permettre d’encadrer
    à titre non professionnel, de manière
    occasionnelle, des mineurs en accueils collectifs
    dans le cadre d’un engagement social et
    citoyen et d’une mission éducative. » Et c’est
    sans doute là que le bât blesse. Non pas que
    cette formulation nous déplaise. Bien au
    contraire, nous la revendiquons. Mais le cadre
    réglementaire ne permet qu’une mise
    en œuvre très parcellaire de cette philosophie.
    La professionnalisation du secteur entraîne un
    usage plus qu’occasionnel du Bafa et du Bafd
    et la réforme des rythmes scolaires a accéléré le recours à ces diplômes. Moins longs, moins chers,
    plus accessibles... ils ont été massivement choisis par les
    collectivités territoriales pour faire face aux besoins
    d’encadrement pour le périscolaire. De fait, cette situation
    empêche à la fois une plus forte qualification du
    secteur professionnel et d’autre part la rédaction d’un
    statut mieux borné (un nombre limité de jours d’engagement
    par an) et plus incitatif (prise en charge des
    frais de formation par les organisateurs d’ACM) pour
    les volontaires.

    Cursus formation BAFA

     LA FORMATION, UNE LONGUE HISTOIRE

    Il faut se souvenir qu’avant de délivrer un diplôme,
    un brevet, il s’est d’abord agi de former une personne.
    Et cela ne date pas d’hier. Ainsi les centres d’entraînement
    aux méthodes d’éducation active sont nés,
    en 1937, en organisant un premier stage de formation
    des moniteurs et monitrices des colonies de vacances.
    L’initiative sociale, associative est le moteur de cette
    dynamique d’Éducation populaire. Bientôt régulée par
    l’État : un premier diplôme de moniteur et de directeur
    de colonie de vacances est créé par une circulaire du
    29 mars 1946. Il devient un diplôme d’État par un
    arrêté du ministère de l’Éducation nationale le 5 février
    1949. Plus tard, en 1973, il se transforme en Brevet
    d’aptitude aux fonctions d’animateur sous l’égide du
    ministère de la Jeunesse et des Sports. C’est aussi à
    cette période que naissent les premiers diplômes professionnels
     : le Certificat d’aptitude à la promotion des
    activités socio-éducatives créé en 1971 (remplacé par le
    Defa en 1983) Puis viendront le Beatep en 1986 remplacé
    par l’actuel Brevet professionnel jeunesse Éducation
    populaire et sportive (BPJEPS) en 2001 pour n’en
    citer que quelques-uns. L’animation socioculturelle se
    développe bien au-delà des vacances scolaires. Une
    branche professionnelle se construit avec ses métiers,
    ses diplômes, ses organisations professionnelles... et une
    première convention collective (1989).
    Dans le contexte d’aujourd’hui, où co-agissent désormais
    des professionnels et des volontaires, il nous faut
    trouver les cadres et les statuts renouvelés permettant
    de continuer à faire résonner de concert toutes les
    petites musiques de l’animation. Autour d’une certitude
    commune, l’Éducation populaire.

    LES OBJECTIFS DE LA FORMATION BAFA
    Arrêté du 15 juillet 2015
    Art. 9. – La formation au Bafa a pour objectif :

    _1° De préparer l’animateur à exercer les fonctions suivantes :
    − Assurer la sécurité physique et morale des mineurs et en particulier les sensibiliser, dans le cadre de la mise en oeuvre
    d’un projet pédagogique, aux risques liés, selon les circonstances aux conduites addictives ou aux comportements,
    notamment ceux liés à la sexualité ;
    − participer à l’accueil, à la communication et au développement des relations entre les différents acteurs ;
    − participer, au sein d’une équipe, à la mise en œuvre d’un projet pédagogique en cohérence avec le projet éducatif
    dans le respect du cadre réglementaire des accueils collectifs de mineurs ;
    − encadrer et animer la vie quotidienne et les activités ;
    − accompagner les mineurs dans la réalisation de leurs projets.

    _2° D’accompagner l’animateur vers le développement d’aptitudes lui permettant :
    − de transmettre et de faire partager les valeurs de la République, notamment la laïcité ;
    − de situer son engagement dans le contexte social, culturel et éducatif ;
    − de construire une relation de qualité avec les membres de l’équipe pédagogique et les mineurs, qu’elle soit individuelle ou
    collective, et de veiller notamment à prévenir toute forme de discrimination ;
    − d’apporter, le cas échéant, une réponse adaptée aux situations auxquelles les mineurs sont confrontés.

    Laurent Michel


    04/11/2015




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