Revue d’expression politique et pédagogique, elle traite de l’Éducation nouvelle dans divers champs d’intervention : l’enfance, les pratiques éducatives et culturelles, la rencontre interculturelle à l’école, au collège, dans le quartier, la ville en France et dans le monde. Ces questions font tour à tour l’objet d’un dossier. Pédagogues, chercheurs et praticiens y croisent leurs réflexions.

Les Numéros :
Du numéro 77(1996) au numéro 536(2010) - Avec bon de commande

ci dessous : les numéros depuis 2010 (Commander en ligne sur publications.cemea-formation.com)


août 2017
Vers l’Education Nouvelle n° 567 - Accueillir et accompagner au festival d’Aurillac

Depuis la création du festival en 1986, les Ceméa participent au festival de théâtre de rue d’Aurillac. Le théâtre de rue fait rire, courir, danser, crier de joie, applaudir ou huer, tourner les têtes, mais pas seulement. C’est aussi un théâtre engagé et citoyen qui interroge le sens du monde, dénonce le cannibalisme social, questionne et subvertit les codes, provoque l’autre et agite l’espace public, va chercher l’humain en chacun, dans un mélange des genres inventif, chaleureux, joyeux et jouissif. La 32e édition du festival est dite « édition 69 », pour faire l’amour et pas la guerre ! Cette édition 2017, à l’image de son affiche, affirme son ambition de maintenir un équilibre fragile entre les compagnies bien connues des habitués et qui ont fait les grandes heures du festival : Teatro del Silencio, Ilotopie, La Compagnie Off... et les découvertes, l’équilibre entre les arts du cirque qui reviennent en force cette année avec Cirkatomic et Cirque Inextremiste, les grosses machineries et déambulations (La Cie Bot, Départ arrêté, les Rois du Rallye ou Les Arts Oseurs, Pudding Théâtre), les masques, les dialogues plus intimistes, les performances (Ordinary Damaged Movements), le théâtre de texte ; mais oui ! par exemple Roméo et Juliette revisité par la Cie Off, ou encore Oh ! Secours, un voyage dans l’univers de Samuel Beckett… Le genre des « Arts de la rue » est mouvant et difficile à cerner. Ce dossier vise à vous faire connaître à la fois ce festival et les actions que les Ceméa y conduisent depuis plus de trente ans, en matière d’accueil et d’accompagnement du spectateur. Les équipes des Ceméa d’Auvergne sont présentes à Aurillac pour proposer diverses formules d’hébergement qui mêlent dans le même lieu groupes de jeunes, familles et individuels, artistes et techniciens du spectacle, publics empêchés, lycéens et animateurs en formation. Les équipes mettent en place diverses actions d’accompagnement afin que chacun.e profite au mieux du très court temps du festival.



novembre 2017
Vers l’Education Nouvelle n° 568 - Jouer avec des marionnettes pour des redécouvertes

La marionnette : un ensemble de pratiques ludiques créatives, une multiplicité de formes
théâtrales spectaculaires, un véhicule culturel majeur. Dans ce premier volet du dossier
nous redécouvrirons quelques pratiques diversifiées de jeu précédées par des constructions
minimales. « Moi, je construis des marionnettes, avec de la ficelle et du papier... »
Beaucoup ont en tête ces paroles de chanson. Au-delà d’une anecdote achetée au
magasin de souvenirs des sentiments, ces quelques mots décrivent bien la démarche
inhérente à tout montreur de marionnettes, amateur ou professionnel. Il s’agit tout à
la fois d’imaginer, associer, penser, dessiner peut-être mais aussi d’agir : faire, pétrir,
couper, ajouter, coller, agrafer, coudre, ajuster, mesurer, froisser, déchirer, manier,
manipuler, déplier, mettre en voix, invectiver, chuchoter, murmurer, faire silence, opiner,
tonitruer et partant s’étonner, s’envoler, faire frisson, frémissements, peur et plaisir.
Ce premier dossier ouvre la piste. En éclaireur, il donne à savourer des gourmandises et
à s’enivrer d’un jeu aux parfums particuliers. La main agit, les doigts remuent, s’agitent, la voix formule, tonne, gribouille, les formes se déploient. Le corps est prolongé parfoisdémesurément, le geste brouillonne et souvent précise, la geste bouillonne, s’insinue
entre le rêve et le réel, fait éclair, orage comme entre le jazz et la java. Et parfois le silence
et l’immobile se font jour entre poétique et verbe. La marionnette, figure de proue, en
poupe, poupée à brandir, à montrer, à revendiquer, média pluriel mais médium singulier,
tellement, qu’il colle à la main qui le nourrit, qu’il la change, la modifie, la modèle comme on travaille la glaise. L’important c’est de jouer, on joue, on met en jeu l’appareil corporel et les rouages des mécanismes de la pensée, de l’invention. la parole est un mouvement de plus, une ondée, une ombre sonore, une mise en mots de l’objet prenant corps,la parole ne s’ajoute pas, elle est là ou pas, elle est partie intégrante du process, au coeur , au choeur parfois, du jeu, du ballet ludique. La marionnette interprète parce qu’elle est là, qu’elle existe. la marionnette est toujours devant et la personne est derrière comme cachée et pourtant bien là, mais pas trop, même si on la voit, même si on la devine et
a contrario peut-être trop même si on ne la voit pas.


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11 octobre 2017
Vers l’éducation Nouvelle N°563 Tony Lainé, Actualité d’une influence Majeure

Tony Lainé, psychiatre, psychanalyste, citoyen engagé mais aussi homme de télévision et
poète de l’âme humaine ; ses livres et ses films ont dépassé largement les seuils des établissements
spécialisés. Trop tôt disparu (1992), il nous a laissé une oeuvre écrite et filmée
importante et aujourd’hui méconnue, qui près de vingt-cinq ans après porte encore toute
sa pertinence. Tony Lainé a toujours pensé que la souffrance psychique, la folie
interrogeait le rapport à la politique, autrement dit la place de chacun dans la société et
la culture qui fait l’humanité : « J’ai toujours refusé de considérer la folie comme un
monde à part, ce qui est la meilleure manière de n’en rien voir. Au contraire, j’ai
délibérément choisi d’aider a priori ceux qui sont dits « fous » à recouvrer avec tous leurs
droits, une place dans la communauté. C’est alors que s’est imposée à moi la conviction
que la folie témoigne toujours d’un sens vivant et que la différence établie entre le statut
social du fou et celui du « normal » est une imposture. » Extrait de l’introduction du livre
Le petit Donneur d’offrandes, 1981.



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22 mai 2017
Vers l’Education Nouvelle n° 566 - Education Nouvelle à l’école publique -

L’expérience laisse un drôle de goût dans la bouche. Un peu celui de la prunelle sauvage, d’abord vif et sucrée puis âcre et persistant avec pour finir la bouche pâteuse d’une gueule de bois. C’est ainsi que s’est terminée, l’été 2014, l’aventure prometteuse et rare de l’expérimentation de la pédagogie Montessori dans une classe d’une école publique de Gennevilliers (92). À l’heure de la rentrée, en septembre dernier, la professeure des écoles Céline Alvarez qui a conduit l’expérience ne se trouvait plus dans une classe mais derrière les micros pour présenter la sortie de son ouvrage 1 relatant cette expérience. Le livre ne passe pas inaperçu et fait un tabac en librairie. L’énergie et la volonté de l’enseignante démissionnaire ne font pas disparaître le sentiment d’une occasion manquée. Notamment pour tous ceux qui promeuvent une Éducation nouvelle, inscrites en actes dans des écoles nouvelles. Les conditions rares et exceptionnelles qui ont pu être rassemblées à cette occasion ne se retrouvent que de loin en loin dans le service public d’éducation. Au-delà de la controverse et de l’orchestration médiatique de l’expérience de Gennevilliers, que nous dit celle-ci – ou nous empêche-t-elle de dire – de la place de la tentative pédagogique, de la mise en tension entre les impératifs de l’égalité et les nécessités d’y déroger pour innover, plus largement de la possibilité pour l’école publique de se transformer ? C’est vraisemblablement autant par la diffusion horizontale d’expériences concrètes de terrain que se renouvelle l’école que par des réformes descendantes et uniformes. On pense aux écoles Freinet dans le premier degré mais aussi aux établissements du second degré dits « expérimentaux » ou « innovants », les lycées des années 1980 (le CLE, le LAP, St-Nazaire...) ou ceux plus récents des années 2000 (fédérés à la FESPI, Clisthène, Micro-lycée...). Ces initiatives de terrain ne prennent sens qu’une fois la perspective d’ensemble éclairée. Dans les marges s’écrivent les changements à apporter au texte commun, mais dans des marges reliées au coeur, celui d’une école pour tous, une école publique portant à coeur l’égalité. Car pour nous l’idéal éducatif de l’Éducation nouvelle ne peut se concevoir sans allier – aussi – celui d’une école du peuple.



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31 janvier 2017
Vers l’Education Nouvelle n° 565 "Le périscolaire en quête de sens"

Étymologiquement, le préfixe « peri » vient du grec et signifie « autour de ». Mais dans les contes persans, ce mot de « péri » désigne un génie, qui pourrait être assimilé aux fées de nos contes populaires. Amusant et heureux hasard de la linguistique, car le périscolaire ne se définit pas seulement par sa proximité temporelle avec l’école. Il représente bien plus que cela. Le périscolaire est un vrai moment éducatif, avec un rôle social important. Il ne se contente pas d’accompagner l’école, il en est complémentaire et participe à une éducation plus globale.

La réforme des rythmes scolaires de 2012 a mis un coup de projecteur sur ce temps périscolaire, que l’on a semblé redécouvrir pour l’occasion. Pourtant ces moments entourant l’école ont une longue histoire. Un temps qui a souvent été géré par les enfants eux-mêmes. « Quand quatre heures sonnèrent, qu’ils eurent filé à la maison prendre le chanteau de pain habituel et qu’ils se trouvèrent de nouveau rassemblés à la carrière à Pepiot… » Dans La Guerre des boutons, Louis Pergaud raconte la vie d’enfants au début du XXe siècle : les batailles picrocholines entre villages, l’organisation du groupe, la construction de cabanes. Aujourd’hui, si en tant qu’adultes, nous repensons aux moments où nous n’étions pas à l’école, ce ne sont pas des parenthèses, mais souvent des temps forts de rencontre avec d’autres.

Des temps informels, comme lorsque l’on se retrouvait simplement pour jouer, ou des temps structurés autour d’activités diverses. Mais aussi des temps qui permettaient parfois de ne rien faire, une forme d’activité qui n’est pas sans importance dans la construction personnelle.
La prise en compte institutionnelle de ce temps périscolaire s’est longtemps cantonnée à un temps d’étude, qui permettait aux enfants de rester une heure de plus à l’école, pour faire leurs devoirs, encadrés par des enseignants rémunérés par les communes avec un accord de l’Éducation nationale. Cela a marqué l’inconscient collectif en assimilant dans l’esprit des gens le temps après l’école avec le travail encadré pour les devoirs. Ce qui n’est pas toujours simple à faire évoluer.

Dans de nombreuses communes, ces temps d’avant et après l’école, ainsi que ceux de la pause méridienne avaient été organisés bien avant la réforme des rythmes, avec la collaboration de services municipaux, de MJC et d’associations. Nous avons publié plusieurs articles sur les rythmes scolaires, notamment en 1996 (Ven 482) et plus récemment en 2013 dans Ven 551.



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16 novembre 2016
Vers l’Education Nouvelle n° 564 " L’écriture égalitaire"

Des tentatives graphiques et ortho-graphiques d’une prise en compte plus égalitaire du féminin dans l’écriture ont fleuri ici et là, plus souvent sur les talus de la contre-culture activiste et sensibilisée que dans les allées des jardins de l’Académie française il faut bien le dire. Parenthèses, tiret, point, E majuscule... ont été essayé.e.s pour rendre visible le féminin dans une phase de créativité tous azimuts, laissant libre cours à chacun de choisir l’élu(e), l’élu-e, l’élu.e, l’éluE... de son coeur.

En novembre 2015, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) a publié un Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe. Il y préconise, notamment, l’usage du féminin et du masculin dans les messages adressés à tous et toutes : « Pour que les femmes comme les hommes soient inclus.e.s, se sentent représenté.e.s et s’identifient. » En annexe du guide, deux pages se risquent même à jouer sur les pelouses de l’Académie française en faisant des propositions orthographiques, ouvrant ainsi la voie à une certaine harmonisation graphique*.
La publication de ce guide n’est pas un acte anodin. Il est un pas supplémentaire sur la route, longue et difficile, d’une égale prise en compte des femmes et des hommes dans la langue française, mais plus largement dans le combat pour l’égalité. …
…Mais aussi utiles que soient les actes réglementaires pour faire avancer une question, ils ne remplacent pas le débat pour faire cheminer les esprits, pour avancer vers un nécessaire consensus pour ce qui constitue un élément fort du commun d’une nation : sa langue. C’est pourquoi dans ce dossier consacré à l’écriture égalitaire, nous avons voulu faire une place aux échanges. Des points de vue variés, contrastés s’expriment. Parce que la question chemine, questionne, convainc, séduit, agace, énerve dans le pays... et dans notre mouvement.



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